Église des Saints-Martyrs-Canadiens

Arrondissement de La Cité
955, avenue De Bienville



La nouvelle paroisse "du Belvédère" est fondée en 1928. On songe alors à la dédier aux Bienheureux Martyrs Canadiens ainsi qu’à Marie Médiatrice Universelle, en prévision du congrès marial qui aura lieu à Québec en 1929. Mais lorsque les sept martyrs jésuites sont canonisés par le pape Pie XI, le 29 juin 1930, la paroisse retient ce seul nom.

Les paroissiens se réunissent d’abord à l’oratoire Saint-Joseph, chapelle des sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier. La fabrique acquiert cependant sans délai un terrain rue Père-Marquette. Puis en octobre 1928, le curé retient les services de son frère, Héliodore Laberge, comme architecte de la nouvelle église. Celui-ci est chargé par la fabrique d’aller visiter quelques églises aux États-Unis, pour assurer la qualité et la nouveauté de son projet.

Aux États-Unis, l’architecte a dû visiter les édifices réalisés par Cram, Goodhue et Ferguson, agence qui dessine bon nombre d’églises, tantôt néogothiques, tantôt néoromanes. Mais l’édifice que propose Héliodore Laberge va largement s’inspirer de l’église Saint-Sacrement, construite en 1920. Il n’y a guère que les clochers qui promettent de singulariser l’église des Saints-Martyrs-Canadiens, mais il ne seront jamais construits.

L’Action catholique du 29 avril 1930 présente un dessin en perspective de l’église et, en guise de légende, la description suivante :
Il s’agit d’un bel édifice de style roman, avec décorations intérieures d’ordre corinthien ; absolument incombustible ; en granit rouge de Rivière-à-Pierre, zébré de pierre monumentale de Saint-Marc-des-Carrières ; profonde de 214 pieds, large de 77 pieds et dont la voûte intérieure s’élèvera à 58 pieds cependant que les flèches atteindront à une hauteur de 152 pieds. Le soubassement, haut de seize pieds, logera une salle paroissiale, longue de 114 pieds, dans le sens du transept, et large de 50 pieds, ainsi qu’une chapelle, longue de 90 pieds et large de 74 pieds. La nef, veuve de toute tribune latérale, aura une capacité de 1 170 sièges et elle sera bordée d’un déambulatoire. Une tribune sera aménagée à l’arrière-plan et les orgues seront placées sous les tours. Le chœur aura une largeur de 50 pieds et une profondeur de 32 pieds. L’intérieur sera en aérocrite [brique et ciment spécial]. M. Philippe Mathieu, qui bâtit cette église, doit la livrer pour habitation à la mi-mars 1930 [au prix de 191 000 $].

Le chantier débute en 1929, mais la paroisse reporte à plus tard la construction des clochers et le parachèvement de l’intérieur de l’église, sauf en ce qui concerne le sanctuaire, dont on écrit : “ son ampleur, son style romano-byzantin, ses décorations byzantines placent ce sanctuaire au nombre des plus beaux temples de la vieille capitale ”. L’édifice est bénit le 14 septembre 1930.

Plus de vingt ans se sont écoulés lorsqu’on entreprend, en 1951, de réaliser le décor intérieur de la nef. Des esquisses sont commandées à six architectes, mais l’année suivante, on accepte finalement les plans d’Héliodore Laberge. Les travaux sont terminés en décembre 1954. Il semble que cet intérieur ne soit pas très différent de celui qu’on avait projeté en 1929.

L’église possède un orgue dont la qualité sonore est reconnue dans tout le Québec ; il a été installé par la maison Casavant en 1959. Le presbytère a été érigé en 1932, toujours d’après les plans d’Héliodore Laberge.



Luc Noppen et Lucie Morisset

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