Église St. Andrew

Arrondissement de La Cité
106, rue Sainte-Anne



Les premiers membres de la communauté presbytérienne, communément appelée " Église d'Écosse ", arrivent au Canada en 1759 avec le 78th Fraser Highlanders, célèbre régiment écossais. Ce régiment est accompagné par un chapelain, le révérend Robert MacPherson.

Les presbytériens utilisent d'abord la chapelle de l'ancien collège des jésuites, puis une salle située au sous-sol du nouveau palais de justice. Le gouverneur James Craig leur concède en 1808 un terrain soustrait au domaine des jésuites. Il s'agit d'un lot de 19,8 mètres sur 16,8, au coin des rues Sainte-Anne et Cook. Sur ce lot étroit, le comité entreprend en 1809 de faire construire une église par le maître maçon John Bryson, qui s'est déjà signalé par la qualité de ses travaux lors de l'édification de la cathédrale Holy Trinity quelques années auparavant. L'église, dédiée à St. Andrew, est ouverte au culte en novembre 1810.

Le bâtiment, érigé avec la pierre noire du cap Diamant, mesure quelque 20 mètres (le long de la rue Sainte-Anne) sur 40 (en profondeur, vers la rue Dauphine) ; il a coûté près de 1 500 livres. Très tôt les presbytériens trouvent l'édifice insuffisant pour leurs besoins. En 1821, ils obtiennent du gouverneur Dalhousie que leur terrain soit étendu jusqu'à la rue Saint-Stanislas, ce qui va leur permettre d'agrandir l'église et aussi, ultérieurement, de construire un presbytère et une école.

Les contrats d'agrandissement sont accordés en 1823. Cette fois, c'est le maître maçon et architecte John Phillips qui dirige les travaux. Le carré initial est porté à 28,5 mètres, le long de la rue Sainte-Anne, et un avant-corps en pierre prolonge l'église vers la rue Dauphine, en guise d'entrée. L'église peut accueillir désormais 1 300 fidèles.

Le bâtiment conserve la disposition transversale qui permet à la plupart des fidèles de communier ensemble, comme le veut la tradition presbytérienne inspirée de la Dernière Cène. Le centre de l'église est occupé par un meuble imposant : une chaire et son escalier, avec, à sa base, un pupitre réservé au precentor ou maître de chapelle. Les galeries latérales ne seront ajoutées que plus tard.

Par sa forme architecturale, l'église St. Andrew fait explicitement référence à la cathédrale Holy Trinity . Son plan rectangulaire, même modifié après 1823, s'inspire du modèle de la place d'Armes, tout comme son clocher, réplique modeste de celui qu'ont érigé les officiers Robe et Hall entre 1800 et 1804.

En 1849, peu après le schisme qui divise l'Église d'Écosse (1844), l'architecte Charles J. Wilson, de Glasgow, est invité à soumettre un projet de reconstruction de l'église. Comme le dénote la maquette préparée et conservée dans l'église, il ne fait pas de doute que la communauté de St. Andrew, restée fidèle à l'Église officielle (Established Church), désire s'imposer dans le paysage et concurrencer notamment les projets de la Free Church (voir Chalmers Wesley). Avant d'être envoyé à Québec, le projet est d'ailleurs publié en Écosse dans le Glasgow Herald. On y souligne les qualités de cette architecture de style gothique (Early English) du XIIIe siècle en précisant que la tour aura quelque 60 mètres de hauteur.À défaut de réaliser ce grand projet, on procède à d'importants travaux de rénovation en 1875, sous la direction de l'architecte Harry Staveley. On ajoute alors des galeries latérales, de nouveaux bancs et des vitraux. Staveley fait aussi construire une sacristie du côté ouest de l'église. En 1881, on y installe le premier grand orgue. L'église fait ensuite l'objet de quelques travaux mineurs. En 1829, l'architecte George Browne livre les plans du St. Andrew's School, bâtiment sobre coiffé d'un toit à croupes. Voué à l'éducation des enfants, avant la création des écoles publiques, l'établissement est géré par la Commission des écoles protestantes de 1874 à 1885, puis transformé en résidence (Minor Manse) pour le pasteur en second de l'église. En 1909, le bâtiment est transformé afin d'accueillir une salle d'assemblée et une école du dimanche, ainsi qu'un logement destiné au sacristain. On le connaît dès lors sous le nom de " Kirk Hall ".Le presbytère (St. Andrew's Manse), construit d'après les plans de Frederick Hacker, date de 1836-1837. Il s'agit d'un bâtiment austère érigé en pierre de Cap-Rouge, dont la couleur évoque les habitations de la New Town d'Édimbourg. De l'intérieur, on a dit à l'époque que " the wide hall and generously proportioned rooms and fireplaces, were in keeping with the time ".



Luc Noppen et Lucie Morisset

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