Église du Bon-Pasteur (1965-1966)

Arrondissement de Charlesbourg
385, rue Jean-XXIII



L’église du Bon-Pasteur de Charlesbourg est un lieu de culte modeste. La simplicité caractérise cette petite église dont la construction a débuté en septembre 1965 pour se terminer à temps pour la célébration pascale du 10 avril 1966. On en doit la conception à l’architecte Louis Carrier,qui a aussi livré les plans des églises de Saint-Yves, Saint-Benoît-Abbé et Saint-Mathieu à Sainte-Foy. L’église du Bon-Pasteur partage d’ailleurs avec cette dernière beaucoup de points communs, qu’il s’agisse du plan, de l’aspect général ou des matériaux extérieurs. 

L’église et le presbytère sont reliés par le bureau administratif devant lequel s’élève un clocher ajouré de plan circulaire composé de trois colonnes de pin rouge. Le tout est contreventé par six disques qui supportent trois cloches superposées. La toiture à deux versants est revêtue de bardeau d’asphalte et la façade est presque entièrement vitrée dans le pignon. Cette grande verrière s’insère dans une structure en bois dont les lignes forment un motif géométrique. Le parement de pierre beige, à appareillage irrégulier et provenant de Montebello, recouvre le mur extérieur de la façade ainsi que les bras du transept. Les autres murs sont revêtus de panneaux d’amiante émaillée et de cèdre rouge de la côte ouest, à l’exemple d’autres églises de Louis Carrier. 

Pénétrant dans l’église, on découvre un vaste espace bien éclairé. La pierre du parement extérieur se poursuit à l’intérieur du narthex, et du cèdre rouge habille aussi les murs latéraux. Les planches posées obliquement recouvrent de chaque côté de la nef les nombreuses poutres de support qui prennent l’aspect de contreforts entre lesquels sont percées, dans le haut des murs latéraux,de petites fenêtres carrées. Les deux pans du plafond sont enduits de stuc blanc. Les appareils d’éclairage sont encastrés dans l’arête centrale du plafond. 

L’espace dévolu au chœur est très grand. Déjà surélevé à l’origine, on l’a surhaussé dans les années 1980 afin de pouvoir y présenter des spectacles et des concerts. Derrière l’autel, le retable consiste en une immense croix en planches de cèdre rouge qui se découpe à pleine hauteur sur un mur en stuc blanc, éclairé de chaque côté par d’étroites bandes de fenêtres verticales. Le mobilier liturgique est en bois. Dans le transept, où l’on retrouve des entrées secondaires, la partie droite est occupée par un local de rangement, tandis que la partie gauche loge une petite chapelle dont les bancs en gradins sont dirigés vers le chœur. 

Les bancs en chêne de la nef, fabriqués par la maison Casavant de Saint-Hyacinthe, permettent d’asseoir 720 personnes. Quelques confessionnaux sont disposés de chaque côté du narthex et un chemin de croix en plâtre orne les murs latéraux. 

D’une grande sobriété, l’église du Bon-Pasteur possède une valeur communautaire. De plus, elle ne joue pas un rôle structurant dans son environnement. L’église de Saint-Mathieu à Sainte-Foy, qui lui est apparentée, nous semble être une réalisation plus convaincante de l’architecte Louis Carrier.



Martin Dubois

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