Église de Notre-Dame-de-Foy (1978-1979)

Arrondissement de Sainte-Foy–Sillery
820, rue du Chanoine-Martin



L’église de Notre-Dame-de-Foy est la dernière d’une série d’édifices religieux qui se sont succédé sur le même site. Sur un terrain cédé en 1698 par Jacques Pinguet, on construit rapidement un presbytère puis, vers 1705, une église en bois assez rudimentaire. Ce n’est qu’en 1722 que celle-ci fait place à un édifice en pierre dont la construction a débuté en 1719. Incendiée par les Britanniques en 1760, l’église est remise en état et survivra encore pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1876, année où l’on entreprend d’édifier un temple plus vaste. 

Pour ne pas que les fidèles soient privés de lieu de culte pendant la construction, l’église est érigée autour de l’ancienne, qu’on ne démolira qu’à la toute fin des travaux, en 1878, lorsqu’elle sera entièrement englobée. La nouvelle église, d’influence néoclassique, est due à l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy. Dévastée par les flammes en 1918, elle est reconstruite dans les mêmes murs restés debout. Un autre incendie, survenu le 12 juin 1977, ne laissera de l’édifice que les murs de maçonnerie extérieurs. En 1978, le site de Notre-Dame-de-Foy est classé historique. Le conseil de fabrique décide de construire une autre église, en continuité avec l’histoire de la communauté, mais celle-ci sera accessible depuis la rue du Chanoine-Martin, près du cimetière paroissial. 

La nouvelle église de Notre-Dame-de-Foy est inauguréeen 1979, un an après le début des travaux. Elle est l’œuvre des architectes Royer, Blais et Côté, Chabot. Gilles Côté a déjà à son actif la conception de plusieurs lieux de culte à Québec, dont l’église de Saint-Jérôme-de-L’Auvergne à Charlesbourg, l’église de Saint-André dans le quartier de Neufchâtel et l’église du Sacré-Cœur-de-Jésus dans le quartier de Saint-Sauveur. Conformément à la tendance remarquée en architecture religieuse à partir des années 1970, l’église de Notre-Dame-de-Foy est modeste (125 places assises) et regroupe des services et des locaux communautaires. Outre le lieu de culte proprement dit, on retrouve donc sous un même toit le bureau de la paroisse et une salle communautaire à l’étage, tous accessibles par une entrée commune.

De plan presque carré, l’église de Notre-Dame-de-Foy adopte une forme quasi pyramidale, sans être régulièreni symétrique. La vaste toiture reposant sur des murs bas parés de brique brune est recouverte de bardeau d’asphalte et comporte huit arêtes qui créent autant de pentes différentes. Des contreforts en béton brut marquent les arêtes du bâtiment, tandis qu’un bandeau de tôle profilée brune assure la jonction du toit et des murs. Le lieu réservé aux célébrations religieuses, qui occupe environ les deux tiers de la superficie du bâtiment, est un grand volume de bonne hauteur où les différentes pentes du toit sont visibles à l’intérieur. Le sanctuaire se trouve au centre de l’un des longs côtés et plusieurs rangées de chaises lui font face. Légèrement surélevé, le chœur est surmonté d’un faux plafond qui dispense un éclairage zénithal mais qui, par sa dimension et sa faible hauteur, semble écraser l’autel. Le mobilier du sanctuaire, fait de bois et de plexiglas, est simple et dépouillé. 

La partie basse des murs intérieurs est revêtue de planches de bois verticales surmontées de fenêtres en bandeau à la jonction du plafond. Étant donné le petit nombre et la position des surfaces vitrées dans l’église, la luminosité y est faible. Les fenêtres offrent néanmoins des vues intéressantes sur l’extérieur, en particulier sur certaines sections du cimetière adjacent qu’elles encadrent comme autant de tableaux. 

Quelques œuvres contemporaines ornent l’église, dont un chemin de croix en bois sculpté. De facture beaucoup plus ancienne, le Christ en bois qui se dresse dans le chœur est de la main du célèbre sculpteur Louis Jobin ;l’œuvre faisait partie jusqu’à récemment du calvaire du cimetière. Cette sculpture a été installée à l’intérieur afin de la protéger des intempéries et une réplique a pris sa place dans le cimetière, œuvre du sculpteur Fabien Pagé. La Vierge à l’Enfant, sculptée dans un bois résineux et entièrement recouverte de feuilles de cuivre soudées à l’étain, est aussi attribuée à Louis Jobin. Elle occupait autrefois la niche surmontant le portail central de la façade de l’église incendiée en 1977. L’intensité du brasier fut telle que, malgré l’emplacement de la statue à l’extérieur et la protection de la niche en retrait, les flammes l’ont attaquée sur toute sa hauteur. Elle a été restaurée par le Centre de conservation du Québec et placée à l’intérieur de la nouvelle église, tout près de l’entrée (Noël, 1982, 13-14). 

Peu innovatrice sur le plan de l’architecture, l’église de Notre-Dame-de-Foy possède une valeur communautaire. Cependant, elle est située dans un environnement exceptionnel aux côtés d’un magnifique cimetière et du parc de la Visitation. Celui-ci a pris forme ces dernières années avec la mise en valeur des ruines de l’ancienne église où l’on a aménagé des jardins et un belvédère (Simard, Amyot et Associés, architectes, 1997). La récente restauration du vieux presbytère, un véritable bijou du patrimoine, ainsi que la mise en lumière de l’ensemble complètent l’aménagement de ce très beau parc urbain. 



Martin Dubois

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