St. Paul’s Church (1919-1920)

Arrondissement de La Haute-Saint-Charles
65 rue Saint-Amand



Si l’origine des plans et le nom du concepteur de la petite église anglicane demeurent inconnus, on sait qu’elle a été érigée en 1919, date non seulement étayée par la documentation mais aussi inscrite sur la pierre angulaire, sous la sacristie, bénite le 14 novembre 1919. À ce moment-là, on présente ainsi la future église : « The people of Loretteville will certainly possess one of the prettiest country churches in the diocese of Quebec, and are greatly to be congratulated » (Church Society of the Diocese of Quebec,1920, 82). La première messe y est célébrée le 11 juin 1920. Pouvant accueillir 75 fidèles, St. Paul’s Church dessert maintenant une communauté d’une trentaine de personnes. 

L’église, érigée parallèlement au chemin, adopte un plan barlong avec son porche occupant le long pan. De façon caractéristique, le chœur à chevet plat est orienté et plus étroit que la courte nef. Typique de l’architecture de l’Église anglicane, St. Paul’s Church s’inspire du gothique anglais, puisant ici ses références dans la période Tudor. L’usage du bardeau de bois dénote cependant l’influence d’un courant esthétique de la Nouvelle-Angleterre très prisé dans la première moitié du XXe siècle. Dans l’esprit de l’architecture anglaise, l’intérieur déploie une fausse voûte à charpente apparente ainsi qu’un savant assemblage de caissons et de lattes de bois comme unique décor. Exécuté en 1924-1925, ce décor de bois est représentatif de la tradition protestante mais aussi de l’époque victorienne, toujours en quête de polychromie et de contraste. Le bois domine également dans tous les éléments mobiliers. Les bancs de la nef, tout comme la cloche, proviennent de l’ancienne St. Paul’s Church du Cap-Blanc. Plus tard, en 1964-1965, l’église sera dotée de fondations en béton pour que le sous-sol puisse accueillir l’école du dimanche. Ce sont les seuls travaux portés à notre attention. 

L’environnement immédiat de St. Paul’s Church est d’intérêt moyen. Mais comme l’église se situe à proximité de la rivière Saint-Charles et du parc de la chute KabirKouba, elle constitue une ressource patrimoniale indéniable dans la mise en en valeur de ce secteur. L’édifice cultuel, bien conservé, a de plus fait l’objet d’une réfection extérieure en 1999, sous la direction des architectes Semple et Saillant. Une valeur patrimoniale significative se rattache à cette église.



Hélène Bourque

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