Église de Sainte-Anne (1949)

Arrondissement Laurentien
1765, boulevard Pie-XI Nord



Lors de sa construction, en 1949, l’église de Sainte-Anne était une desserte de Saint-Gérard-Majella et portait le nom de « chapelle de Val-Saint-Michel ». De là son architecture sans prétention et représentative des lieux de culte de villégiature. Par ailleurs, la statue qui orne le pignon de la façade représente saint Michel terrassant le démon, témoignant ainsi du vocable d’origine de l’édifice cultuel. 

Dans la documentation consultée, le constructeur de l’édifice reste anonyme. Peut-être a-t-il été construit sur une base bénévole ou grâce à une corvée ? De plan rectangulaire et à chevet plat, il repose sur des fondations de béton peu élevées et un simple clocher surmonte le faîte de la façade. Le tournant des années 1950 s’exprime ici dans la géométrisation des petites ouvertures carrées disposées au-dessus de l’entrée. À l’origine, les murs étaient pourvus d’un revêtement imitant la brique, aujourd’hui remplacé par un revêtement d’aluminium, et le sommet du pignon était recouvert de larges planches verticales posées en escalier, non à couvre-joints comme c’est le cas à présent. Les photos prises au lendemain de la construction montrent également que la façade était percée de deux portes, à l’emplacement desquelles on trouve maintenant deux fenêtres. L’entrée actuelle, centrée, semble par ailleurs avoir été réalisée avec les portes anciennes de la chapelle. Les contreforts des murs latéraux et la lanterne située au centre du faîte sont apparus quelque temps après la construction. 

L’intérieur de l’église de Sainte-Anne, tout aussi modeste que l’extérieur, se compose d’une nef couverte d’une voûte brisée, dont les angles, retombant sur les longs pans, sont arrondis. Une tribune est aménagée au-dessus du vestibule d’entrée. À l’origine, des panneaux de carton-fibre assemblés sur baguettes de bois constituaient le revêtement intérieur du lieu de culte, ce dont témoigne encore la voûte. En 1970, on a procédé à la rénovation du chœur. Il s’agissait principalement de poser des lattes de bois en oblique, décor prisé à l’époque en architecture moderne, et d’éliminer la table de communion fermant le chœur. En 1973, l’érection canonique de la paroisse semble motiver certains travaux comme l’amélioration des finis intérieurs et la pose d’un préfini de bois sur les murs, avec montants verticaux entre les ouvertures, en rappel des contreforts extérieurs. Plus récemment, on a réaménagé les espaces sous la tribune arrière. 

L’église de Sainte-Anne commande des travaux de rafraîchissement extérieur et une vérification de la structure. Un presbytère situé un peu à l’écart, près de la rue Montolieu, toujours propriété de la fabrique mais en location depuis 1998 environ, complète les installations du site religieux. La petite chapelle de Val-Saint-Michel est devenue avec les années une église paroissiale. Il ne faut donc pas se surprendre de sa faible valeur patrimoniale. De plus, le milieu environnant est hétérogène et peu structuré.



Hélène Bourque

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