St. Mary’s Church (1903-1904)

Arrondissement de Beauport
2490, avenue Royale



Le 2 octobre 1903, une bonne partie de la communauté anglicane assiste au début de la construction de St. Mary’s Church : « the turning of the first sod for the new Church was performed by Mrs. H. M. Price in the presence of a goodly number of the congregation » (Quebec Diocesan Gazette, 1903). La bénédiction de la pierre angulaire a lieu le 19 courant et la future église est décrite comme suit : « Montmorency Falls will be the possessors of a nice little Church as they could wish. The building will be 48 ft. by 22 ft. inside measurement, and built of grey limestone most kindly donated in the quarry by the Q.R.L.& P. Co., and will be capable of seating over 100 people. At present no chancel will be built, but that is looked forin the near future » (Ibid.). Terminée à la fin du mois de janvier 1904, on peut y célébrer la première messe.

La provenance du plan d’architecture de St. Mary’sChurch nous est encore inconnue, tout comme le nom de son architecte. Elle constitue un excellent exemple des églises gothiques anglaises érigées en milieu rural, telles que codifiées par l’Ecclesiological Society à partir de 1830 et adoptées par l’Église anglicane. Elle présente ainsi un plan barlong, avec son porche caractéristique situé sur le long pan et son chœur orienté. Conformément aux préceptes de l’Ecclesiological Society, on prévoyait construire un chœur plus étroit que la nef ; l’arc ogival en partie aveugle sur le pignon est marque d’ailleurs l’emplacement projeté. Le délicat appareil en pierre locale à bossages agrémenté de chaînages d’angle donne à l’église ce cachet rustique tant recherché au tournant du siècle. Signalons que le 16 juillet 1913, peut-être pour souligner le dixième anniversaire de St. Mary’s Church, les architectes Staveley et Staveley de Québec ont déposé le plan d’un petit clocher à ériger sur le pignon ouest, mais ce projet ne verra jamais le jour. 

L’architecture intérieure de St. Mary, toujours en référence au gothique anglais, est caractérisée par une voûte à structure apparente couverte de lattes de bois et des murs en pierre crépis. En 1908, on s’emploie à parachever le décor en réalisant les éléments peints près duchœur : « The service of a French artist were obtained through a firm in Montreal who carried out a plan by which the walls were first toned, and then texts, figures and devices painted on in indelible water colours »(Church Society of the Diocese of Quebec,1909, 98). La même année, on y appose deux plaques commémoratives en bronze, don de Herbert Molesworth Price, l’une à la mémoire de son épouse, Martha Hall Price (1856-1907), et l’autre à la mémoire de leur fils, Herbert Lawrence (1882-1908) (Ibid.). Des vitraux – non signés et non datés – ornent également le chœur. En général, St. Mary’s Church a conservé son aspect d’origine, du moins si l’on en juge par une photographie de l’intérieur publiée en septembre 1939 dans le Quebec Diocesan Gazette; seule l’icône de Notre-Dame du Perpétuel-Secours évoque la présence des Dominicains au XXe siècle. 

L’église, érigée sur le domaine Montmorency, est implantée de façon judicieuse : son plan barlong l’inscrit indéniablement dans la propriété du domaine et son emplacement à proximité de l’avenue Royale rappelle qu’elle s’ouvrait jadis sur le secteur habité par la communauté anglicane. Depuis 1994, St. Mary’s Church fait partie du site historique classé de la chute Montmorency et constitue certes une ressource en patrimoine religieux.



Hélène Bourque

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