Trinity Church (1960-1961)

Arrondissement de Sainte-Foy–Sillery
2687, chemin des Quatre-Bourgeois



La communauté anglicane de Trinity Church trouve un second souffle avec la construction de la nouvelle église de Sainte-Foy. Le temple conçu par l’architecte Fred A. Walker, en 1959, mis en chantier par Rourke Construction à l’été 1960, est terminé au début de l’année suivante. Du moins mentionne-t-on, le 1er février 1961 : « The building has not yet been accepted by Architect Walker who intented to make a final inspection » (AUB, ADAQ, Dossier Trinity Church, Minutes of Annual Vestry). Au bâtiment de plan longitudinal se greffe une aile perpendiculaire, le hall ou salle communautaire, reliée au lieu de culte par le clocher-porche de forme carrée aux lignes épurées. Il s’agit d’une construction de brique plutôt basse, dont la généreuse surface vitrée en façade, traitée à la manière d’un mur-rideau, évoque d’autres églises modernes de Sainte-Foy, comme celles de Sainte-Geneviève ou de Saint-Mathieu, par exemple. À l’intérieur, toutefois, le parti pris architectural relève davantage de la tradition anglicane. Hormis la charpente apparente en bois lamellé-collé, souvent utilisée dans les édifices religieux de l’époque, la facture et l’assemblage des pièces sont beaucoup plus près du gothique anglais traditionnel que d’une démarche moderne. 

Le nouveau temple intègre des éléments mobiliers de l’ancienne Trinity Church du Vieux-Québec, fermée et vendue pour l’ouverture de la paroisse de Sainte-Foy (Noppen, 1977). On y retrouve tous les éléments du chœur, dont l’orgue et les vitraux, de même que le mémorial de Jonathan Sewell, situé près de l’entrée. Si le triptyque de verre est anonyme, l’orgue porte l’inscription « The D.M. Karn Co. Limited ; London, Eng. ; Woodstock, Ont. » et le mémorial est signé « S. Manning, Ft ; London ». En retrait du chemin des Quatre-Bourgeois et entouré d’arbres, le site de Trinity Church reste peu visible. Le presbytère, œuvre des architectes Walker et Tessier, se dresse perpendiculairement à la voie publique et face à l’église. Cette disposition contribue, au même titre que l’emplacement retiré, à l’atmosphère sereine et intime des lieux, dans la tradition paysagère anglaise. L’église elle-même, riche d’un patrimoine communautaire, est une construction honnête, son architecture n’étant guère novatrice pour cette période des années 1960. 



Hélène Bourque

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