Église Saint-Joseph

Arrondissement de La Cité
643-645,  rue Châteauguay

Fermée depuis 1998



La paroisse Saint-Joseph de Québec, fondée le 25 mars 1925 par le cardinal Bégin, est issue d'une subdivision des paroisses Saint-Sauveur et Saint-Malo. La nouvelle fabrique, qui se trouve en compétition avec celle de Notre-Dame-de-Grâce, sa voisine, ne tarde pas à agir puisqu'en mai 1925 des plans sont déposés en vue de l'obtention d'un permis de construire.

L'architecte Héliodore Laberge est chargé de concevoir un projet qu'on entend réaliser en deux phases. Le soubassement, qui porte une église temporaire en bois, est érigé sans délai, tandis que l'église haute, permanente, sera édifiée quand les finances de la paroisse le permettront. Le 22 novembre 1926, l'église temporaire est livrée au culte. Sur le soubassement en béton et un début de nef en brique, se dresse une charpente revêtue de bardeaux d'amiante polychrome et surmontée d'un clocher sommaire. Le presbytère, conçu aussi par Héliodore Laberge, est construit la même année.

C'est en 1939 que la paroisse contracte des emprunts pour terminer son église. Le curé Laroche veut une église " moderne ", c'est-à-dire sans colonnes qui obstruent la vue sur l'autel depuis les bas-côtés. Il approuve le projet soumis par les architectes Charles-A. Jean et René Blanchet. L'église est érigée en 1940-1941 et le résultat s'avère assez mitigé : elle conserve les grands traits du projet de 1925 mais leur expression a été actualisée. En ce sens, l'édifice appartient à ce courant de l'architecture néogothique modernisée, dernier rempart que la tradition oppose à l'avènement d'une expression franchement contemporaine.

Les aménagements intérieurs sont effectués en 1941-1942 selon les plans de Charles-A. Jean. Les ateliers Carli et Petrucci, de Montréal, réalisent l'autel et le ciborium. Installés en 1949, tout comme l'orgue Casavant, les vitraux proviennent des ateliers Rhéault, de Rennes. Les portes de l'église sont signées A. Gilles.

Roger Lemelin, natif de la paroisse, a fortement contribué à faire connaître son quartier. Dans son roman Au pied de la pente douce (1944), plusieurs passages évoquent l'énergie qu'a mise le curé Laroche à ériger " son temple magnifique ". Lemelin écrit aussi : " La paroisse étant pauvre, on n'avait encore pu parachever ce temple qui ne comptait de solide que les fondations. Le tout avait l'air d'un entrepôt sur lequel on aurait construit un clocher.

" Dans Fantaisies sur les péchés capitaux, une des nouvelles du recueil paru en 1949, Lemelin raconte l'angoisse du curé devant la commande d'un chemin de croix à un jeune peintre, dont les paroissiens refusent l'œuvre. Ce texte s'inspire d'un fait réel : en 1943, le curé Laroche, voulant encourager Marius Plamondon qui venait d'achever sa formation en France, lui avait demandé de réaliser les tableaux d'un chemin de croix. L'œuvre, exécutée avec la collaboration de Benoît East, est depuis remisée dans la voûte de l'église.

La paroisse a aussi son " saint " : Gérard Raymond, le pieux séminariste décédé en 1932 à l'âge de 19 ans, est né dans ce secteur de Saint-Sauveur. Un comité paroissial s'occupe de sa vénération.



Luc Noppen et Lucie Morisset

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