La paroisse de Notre-Dame-de-Grâce (1924)


Au tournant du XXe siècle, la reconversion de l’économie de la ville à l’industrie manufacturière entraîne une forte croissance et le développement accéléré de certains quartiers, tel celui de Saint-Sauveur. Entre 1901 et 1929, la population y triple (Lebel, 1986, 27). Au sud-est de ce territoire, au pied du coteau, le peuplement est dense. Développé depuis les années 1840, le secteur est formé de rues et de lots étroits où de petites maisons de faubourg logent parfois jusqu’à trois familles ouvrières.

Au cours des années 1920, on compte plus de 16 000 fidèles dans la paroisse de Saint-Sauveur. L’église est devenue trop petite et les pères Oblats, « malgré leur zèle et leur dévouement », ne peuvent plus la desservir efficacement. Le 21 juin 1924, le curé de Saint-Sauveur s’adresse donc aux autorités religieuses pour qu’on confie « une portion du troupeau » à un autre pasteur (Décret d’érection canonique, 1924). Dans le but de « pourvoir le plus efficacement possible au bien spirituel des fidèles », le cardinal Bégin détache donc, le 6 octobre 1924, la partie sud de la paroisse de Saint-Sauveur pour former celle de Notre-Dame-de-Grâce. La nouvelle paroisse s’étend, grosso modo, entre la rue Hermine et la falaise, puis entre le boulevard Langelier et la rue Bayard. On y compte 750 familles, soit environ 4 000 paroissiens (Noppen, 1994, 20).

Sous la gouverne du curé Édouard-Valmore Lavergne, les premières assemblées de fidèles sont tenues dans la « grande salle » du couvent de l’Immaculée-Conception. L’abbé Lavergne éprouve des difficultés à trouver un espace pour l’église, dans un milieu « où chaque pouce de sol est occupé » (Lavergne, 1924, 1). Il obtient finalement à bon prix, pour 25 000 $, le terrain de l’ancienne brasserie Fox Head, entre les rues Colbert et De Mazenod. C’est là qu’on construira le temple paroissial. Derrière, dans la falaise, le curé fera aussi aménager un grotte dédiée à Notre-Dame-de-Lourdes (Routier, 1998, s.p.).

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse, la diminution des effectifs du clergé et le manque de ressources financières pour l’entretien des églises entraînent la fermeture de celle de Notre-Dame-de-Grâce. La paroisse est supprimée par un décret daté du 16 juin 1997 et son territoire est rattaché à la paroisse mère.

Louise Côté

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