La paroisse de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier (1901)


Dans la première moitié du XIXe siècle, Québec connaît une importante croissance économique et démographique qui entraîne le développement des faubourgs. En 1829, dans le but de mieux encadrer les fidèles, les autorités religieuses détachent de la paroisse de Notre-Dame celle de Saint-Roch, un vaste territoire qui comprend entre autres presque toute la partie basse de la ville.

Le 24 décembre 1839, à la suite d’une demande émanant de 110 paroissiens, Mgr Signay établit la Congrégation des hommes de Saint-Roch. Ce regroupement, qui se réunit hebdomadairement pour prier et pour « se ressourcer spirituellement » (Lemieux, 1989, 318), entreprend de bâtir une chapelle à partir de 1851. Le terrain choisi, à l’angle des rues Caron et Saint-Joseph, appartient aux religieuses de l’Hôpital-Général.

D’abord réservée à l’usage exclusif des congréganistes, la chapelle sert aussi parfois aux besoins de la paroisse. En 1856, le curé Zéphirin Charest obtient la permission d’y faire chanter les vêpres pour les enfants des écoles (Jobin, [1940], 26). Comme la population augmente sans cesse et que l’église paroissiale ne suffit plus aux besoins du culte, l’église de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier devient desserte de Saint-Roch en 1865. Il faudra même l’agrandir dix ans plus tard puisque dès l’obtention de son nouveau statut, elle est « remplie à pleine capacité, les dimanches et les jours de fêtes religieuses » (Ibid., 58).

En 1901, le cardinal Bégin songe à créer une nouvelle paroisse dans la partie ouest de Saint-Roch qui compte alors plus de 6 000 habitants (Anonyme, 1951, 29). Il demande donc aux congréganistes de faire cession de leur chapelle. L’entente, conclue le 1er juillet 1901, prévoit que la Congrégation des hommes de Saint-Roch pourra tenir ses offices religieux à Notre-Dame-de-Jacques-Cartier « comme par le passé, sans encourir aucuns frais quelconques » (Jobin, op. cit., 68).

La nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier est limitée au nord par la Saint-Charles, au sud par le coteau Sainte-Geneviève, à l’est par la rue Dorchester et à l’ouest par le boulevard Langelier (Ibid., 135).

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé incitent au regroupement. En 1998, les paroisses de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier et de Saint-Roch s’unissent sous le vocable de Notre-Dame-de-Saint-Roch.

Louise Côté

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