La paroisse de Notre-Dame-de-Pitié (1945)


Dès la fin du XIXe siècle, aux abords du pont Scott, quelques petites maisons sont construites le long de la rue Saint-Vallier Ouest (Blanchet, 1987, 26). Des rues sont ensuite ouvertes, au sud de la même artère, au lendemain de la Première Guerre mondiale, grâce au programme fédéral de construction de logements ouvriers. Le développement du secteur se poursuit au début de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le gouvernement central fait construire par la Wartime Housing Limited deux groupes de 100 maisons. Le premier est situé entre la rue de Verdun et le pont Scott et le second, entre les rues de l’Armée et de l’Aviation (Noppen, 1996, 110). Ces habitations sont destinées aux familles de militaires et aux ouvriers des usines d’armement de Saint-Malo, situées tout près, dans l’actuel parc industriel.

L’arrivée de ces centaines de nouveaux résidants pose des problèmes à la paroisse de Saint-Malo (aujourd’hui Sainte-Angèle-de-Saint-Malo), qui compte déjà plus de 13 000 fidèles en 1945. L’église paroissiale ne suffit plus aux besoins et le clergé, « malgré son zèle », n’arrive pas à desservir une population aussi nombreuse. Comme l’Église catholique tient alors à l’encadrement serré de ses ouailles, elle décide de créer une nouvelle paroisse, Notre-Dame-de-Pitié, érigée canoniquement le 8 juin 1945. Détachée de la partie ouest de Saint-Malo, elle compte environ 3 000 âmes (Anonyme, 1995, 20). Grosso modo, son territoire s’étend entre les boulevards Hamel et Charest, puis de la rue Lachance, dans Duberger, à la rue de Verdun, dans le quartier de Saint-Sauveur (Ibid., 18). En attendant la construction de l’église, les services religieux sont célébrés à la chapelle du cimetière Saint-Charles.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé ont d’importantes conséquences sur le paysage paroissial. Par décret daté du 14 décembre 1998, on supprime la paroisse de Notre-Dame-de-Pitié et on rattache son territoire à celui de Sainte-Angèle-de-Saint-Malo.

Louise Côté

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