La paroisse de Notre-Dame-de-la-Paix (1941)


Pendant les années 1930, « une bonne proportion des citadins résident » toujours à Saint-Roch qui conserve une forte densité de population, malgré le développement de Limoilou, de Saint-Sauveur et de Montcalm (Lebel, 1986, 35). Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, plusieurs résidants du quartier travaillent comme débardeurs ou manœuvres au port de Québec. D’autres sont ouvriers à l’Arsenal de la côte du Palais qui, au plus fort des hostilités, embauche 2 000 personnes (Parcs Canada, 1980, 12).

Au même moment, l’Église développe une nouvelle stratégie d’encadrement des fidèles en multipliant les paroisses et en abaissant le nombre de fidèles dans chacune d’elles (Courville, 2001, 47). Pour contenir le flot d’ouvriers requis par l’effort de guerre, le cardinal Villeneuve ouvre ainsi plusieurs nouvelles paroisses dont Notre-Dame-de-la-Paix, en 1941. Suivront Notre-Dame-des-Victoires en 1944 et Notre-Dame-de-la-Pitié en 1945.

Détachée de Saint-Roch et de Notre-Dame-de-Québec, la nouvelle paroisse trouve d’abord refuge à l’Œuvre des vendeurs de journaux, angle Saint-Dominique et Saint-François (Noppen, 1996, 99). On entreprend la construction d’une église temporaire en 1942, puis celle de l’église définitive quatre ans plus tard (Noppen, 1994, 254).

L’existence de la paroisse est toutefois de courte durée. Dès la fin des années 1960, on exproprie, puis on détruit plus de 300 logements du secteur pour construire l’autoroute Dufferin-Montmorency. Privés de plusieurs centaines de paroissiens, alors que l’Église connaît une baisse de la pratique religieuse, la paroisse de Notre-Dame-de-la-Paix ne peut plus subvenir à ses besoins. On ferme l’église au culte en 1980 et l’année suivante, par un décret daté du 16 janvier, on supprime la paroisse. Ce qu’il en reste est rattaché à celle de Saint-Roch.

Louise Côté

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