La paroisse de Notre-Dame-de-Québec (1664)


À Québec, les premières manifestations de vie paroissiale – la tenue des registres et la formation d’une fabrique – se confondent avec les débuts de la colonie. Sur le plan religieux, la Nouvelle-France est d’abord un pays de mission relevant de Rome (Courville/paroisse, 2001, 14). À partir de 1615, ce sont donc des missionnaires récollets – puis des jésuites, dès 1625 – qui desservent la population de pionniers. Ils administrent les sacrements et procèdent à la consignation des actes d’état civil. À la suite de l’incendie de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Recouvrance, les dons de fidèles, en argent et en terrain, rendent possible en 1645 la formation d’une fabrique et l’élection de marguilliers (Courville/capitale, 2001, 95).

L’arrivée du vicaire apostolique François de Laval, en 1659, marque le véritable point de départ de l’organisation paroissiale. Il établit officiellement la dîme, source de financement pour la subsistance du pasteur. En 1663, il fonde aussi le séminaire, pierre angulaire du système paroissial à implanter. Ce n’est qu’après ces premiers gestes que Laval érige officiellement, le 15 septembre 1664, la première paroisse de son futur diocèse, Notre-Dame-de-Québec (Courville/paroisse, 2001, 15). Après de longues tractations, liées entre autres à une lutte de prestige entre Rome et Versailles, on érige ensuite l’évêché de Québec, le 1er octobre 1674 (Vachon, 1983, 65). L’église paroissiale de Notre-Dame-de-la-Paix, construite à partir de 1647, s’élève donc au rang de cathédrale.

Notre-Dame-de-Québec connaît son premier détachement en 1721, avec la création de Notre-Dame-des-Anges. La croissance de la population au XIXe siècle entraîne ensuite le détachement de Saint-Roch en 1829, de Notre-Dame-de-la-Garde en 1885, puis de Saint-Jean-Baptiste en 1886. Elle perd encore une partie de son territoire avec la formation de Saint-Cœur-de-Marie en 1918, de Notre-Dame-de-la-Paix en 1941, de Notre-Dame-des-Victoires en 1944, puis de Saint-Vincent-de-Paul en 1949.

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé incitent plusieurs paroisses à se regrouper ou à mettre à commun certains services. En 1993, les paroisses de Notre-Dame-de-Québec, Notre-Dame-des-Victoires, Notre-Dame-de-la-Garde et Saint-Cœur-de-Marie s’unissent. Chacune des fabriques reste indépendante, mais on partage les coûts administratifs et les services pastoraux (Chamberland, 2003, 2). La paroisse de Saint-Cœur-de-Marie est toutefois supprimée en 1997 et son territoire est rattaché à celle de Saint-Dominique, tandis que la paroisse de Notre-Dame-des-Victoires disparaît en 2004, au bénéfice de la paroisse mère.

 

Louise Côté

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