La paroisse de La Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie ou Notre-Dame-de-Foy (1698)



La paroisse de Notre-Dame-de-Foy est l’une des plus anciennes du Québec. Même si elle est officiellement érigée en 1698, les premiers actes religieux inscrits sur son territoire remontent à la fondation de la mission jésuite de l’anse Saint-Joseph de Sillery, en 1637.Destinée à la sédentarisation et à la conversion des autochtones, la mission sert également aux Français établis sur le plateau de Sainte-Foy. D’après les registres tenus par les Jésuites, ils y fréquentent la chapelle Saint-Michel, construite en 1644, au moins jusque dans les années 1670. 

Sur le plateau même, les premiers Fidéens se rendent aussi à la mission Notre-Dame-de-Foy où le père Chaumonot a fait élever, en 1667, une chapelle en écorce à l’intention des Hurons. Celle-ci fait place à un bâtiment à charpente deux ans plus tard. On y conserve une petite statue de Notre-Dame de Foy provenant des environs de Dinant, en Belgique, d’où le nom du sanctuaire. La chapelle devient un lieu de pèlerinage, avant d’être rasée par le feu en 1698. L’emplacement qu’elle occupait correspond à l’intersection sud-est du chemin des Quatre-Bourgeois et de l’autoroute du Vallon. 



La fondation de la paroisse 

À la suite de directives royales, Mgr de Laval effectue en1678 une première division paroissiale de la vallée du Saint-Laurent. Il érige alors formellement neuf paroisses. L’une d’elles est constituée des terres des Jésuites situées à l’ouest de Québec. Elle comprend les secteurs de « Ste Foy, Goderville, St Michel, la route St Ignace et Lorette » (ASQ, Paroisses diverses, 53, cité dans Lessard, 2001, 297). Malgré son caractère officiel, l’opération semble avoir servi surtout à désigner des missionnaires résidents (Courville, 2001, 16). 

Comme le territoire pastoral de 1678 est trop vaste, le second évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, le subdivise en deux secteurs, Sainte-Foy et L’Ancienne-Lorette. C’est à ce moment, le 18 septembre 1698, que la paroisse de « La Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie » est érigée canoniquement. On la désignera le plus souvent sous le nom de Notre-Dame-de-Foy, comme la chapelle qui la dessert. 

Comprise à même les seigneuries de Sillery et de Gaudarville, la nouvelle paroisse compte alors 35 familles réparties pour la plupart le long de la côte Saint-Michel, soit l’actuel chemin Sainte-Foy (Lessard, 2001, 298). Le premier curé, Charles-Amador Martin, doit ériger un presbytère et un autre lieu de culte puisque la chapelle de Notre-Dame-de-Foy a été réduite en cendres quelques semaines après la fondation de la paroisse. Il choisit d’établir le nouveau centre religieux à un kilomètre à l’ouest de la chapelle incendiée, sur la terre de Jacques Pinguet, au coin des actuels chemin Sainte-Foy et route de l’Église. C’est là que sont construites et reconstruites, à la suite d’incendies et de démolitions, les nombreuses églises de Notre-Dame-de-Foy.



L’évolution de la paroisse 

Dans la seconde moitié du XIXesiècle, deux secteurs se détachent de Notre-Dame-de-Foy pour former de nouvelles paroisses. Issues de l’expansion du commerce du bois, ce sont Saint-Colomb de Sillery en 1855 (aujourd’hui Saint-Michel) et Saint-Félix-de-Cap-Rouge en 1862. Ces détachements entraînent une diminution notable de la population de la paroisse-mère. En 1881, celle-ci compte à peine un peu plus d’un millier d’habitants. Jusqu’aux années 1940, Sainte-Foy reste d’ailleurs une paroisse peu peuplée, au noyau villageois modeste. Agriculteurs, maraîchers ou propriétaires de fermes laitières, les paroissiens écoulent leur production sur les marchés de Québec, à moins d’une heure de route. 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’industrie de guerre concentrée à Québec attire de nombreux ouvriers et ouvrières. Cette poussée démographique, que la capitale ne peut contenir, est à la base de l’urbanisation du plateau de Sainte-Foy. Le mouvement s’accentue dans l’après-guerre : entre 1949 et 1964, la population passe de 3 250 à 40 600 habitants. Cet accroissement exceptionnel ainsi qu’une nouvelle stratégie de l’Église catholique, qui vise à mieux encadrer ses fidèles (Courville, 2001, 48), commandent l’érection de neuf autres paroisses, toutes détachées de Notre-Dame-de-Foy : Saint-Thomas-d’Aquin en 1950, Saint-Yves en1953, Saint-Louis-de-France en 1956, Sainte-Ursule en1959, Sainte-Geneviève en 1960, Saint-Denys-du-Plateau en 1961, Saint-Benoît-Abbé en 1963, Saint-Mathieu et Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle en 1964.

Ce développement important prend fin au milieu des années 1960, au moment où le rôle traditionnel de l’Église catholique au sein de la société québécoise est remis en question. Dans les dernières décennies du XXe siècle, la diminution de la pratique religieuse, le vieillissement du clergé et la baisse des effectifs religieux entraînent une réorganisation du paysage paroissial. En janvier 2000,les paroisses de Saint-Denys-du-Plateau, Saint-Mathieu et Sainte-Geneviève sont fusionnées à la paroisse-mère de Notre-Dame-de-Foy.



Louise Côté

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