La paroisse de Saint-Esprit (1930)


Au tournant du XXe siècle, la ville de Québec entre dans une phase d’expansion démographique et économique. Bien implantées dans les quartiers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, les industries manufacturières emploient une abondante main-d’œuvre qui provient souvent des campagnes environnantes. Pour loger les familles ouvrières, des compagnies de promoteurs immobiliers lorgnent les vastes terres agricoles de Limoilou.

En 1906, la Quebec Land acquiert ainsi l’immense domaine de la succession Anderson. Suivant un modèle de développement en vogue à l’époque, le secteur est divisé en rues et en avenues, puis en lots d’égales largeur et profondeur. On établit des normes strictes de construction et d’aménagement, avant de mettre les lots en vente, à grand renfort de publicité (Blanchet, 1987, 16).

La réponse au nouveau développement urbain est immédiate : la population qui dépassait à peine 1 000 habitants en 1896 atteint plus de 9 000 personnes en 1921 et au-delà de 26 000 dix ans plus tard (Ibid., 21). Presque tout le secteur au sud de la 18e Rue est alors construit. L’importante papetière de l’Anglo Canadian Pulp (aujourd’hui Stadacona), qui s’établit dans le quartier en 1927, contribue aussi fortement au succès. Le curé de Saint-Charles s’en réjouit d’ailleurs pour ses ouailles, d’autant plus que la direction est « absolument catholique et en parfaite sympathie avec l’élément canadien-français » (Gallichan, 1996, 28).

Dès la fin des années 1920, malgré la formation de la nouvelle paroisse de Saint-Fidèle, les églises de Saint-Charles et de Saint-François-d’Assise sont surpeuplées. À la suite d’une requête de résidants du sud de Limoilou, déposée en 1929, on érige donc la nouvelle paroisse de Saint-Esprit le 28 février 1930. Détachée de Saint-Charles et de Saint-François-d’Assise, elle compte alors plus de 4 600 habitants, regroupés entre les 3e et 1re Avenues, au sud de la 12e Rue (Anonyme, 1980, 7). Les fidèles se rassemblent dans une chapelle temporaire aménagée dans un garage, avant la construction de l’église, dont le soubassement est inauguré pour Noël 1930 (Noppen, 1994, 114).

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent des modifications importantes du paysage paroissial. Le 17 mars 1998, les paroisses de Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, Saint-Zéphirin-de-Stadacona, Saint-Fidèle et Saint-Esprit fusionnent pour former la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Rocamadour.

Louise Côté

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