La paroisse de Saint-Fidèle (1927)


Au tournant du XXe siècle, la ville de Québec entre dans une phase d’expansion démographique et économique. Bien implantées dans les quartiers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, les industries manufacturières emploient une abondante main-d’œuvre qui provient souvent des campagnes environnantes. Pour loger les familles ouvrières, des compagnies de promoteurs immobiliers lorgnent les vastes terres agricoles de Limoilou.

En 1906, la Quebec Land acquiert l’immense domaine de la succession Anderson. Suivant un modèle de développement en vogue à l’époque, le secteur est divisé en rues et en avenues, puis en lots d’égales largeur et profondeur. On établit des normes strictes de construction et d’aménagement, avant de mettre les lots en vente, à grand renfort de publicité (Blanchet, 1987, 16).

La réponse au nouveau développement urbain est immédiate : la population qui dépassait à peine 1 000 habitants en 1896 atteint plus de 9 000 personnes en 1921 et au-delà de 26 000 dix ans plus tard (Ibid., 21). Presque tout le secteur au sud de la 18e Rue est alors construit. L’importante papetière de l’Anglo Canadian Pulp (aujourd’hui Stadacona), qui s’établit dans le quartier en 1927, contribue aussi fortement au succès. Le curé de Saint-Charles s’en réjouit d’ailleurs pour ses ouailles, d’autant plus que la direction est « absolument catholique et en parfaite sympathie avec l’élément canadien-français » (Gallichan, 1996, 28).

Comme les églises de Saint-Charles et de Saint-François-d’Assise ne peuvent contenir tous les nouveaux fidèles, les autorités religieuses forment à même leur territoire la nouvelle paroisse de Saint-Fidèle. Érigé canoniquement le 22 octobre 1927, le nouveau territoire religieux compte 241 familles, soit 1 200 habitants (Anonyme, 1977, 10). En attendant la construction d’une chapelle, les paroissiens assistent aux offices dans l’entrepôt Latour situé sur le chemin de la Canardière (Noppen, 1994, 122).

En 1950, les autorités religieuses agrandissent la paroisse au nord. On y ajoute tout le secteur qui s’étend de la 18e Rue jusqu’à la paroisse de Charlesbourg. Mais à peine six ans plus tard, on détache tout ce territoire pour former la paroisse de Saint-Paul-Apôtre.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent des modifications importantes du paysage paroissial. Le 17 mars 1998, les paroisses de Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, Saint-Zéphirin-de-Stadacona, Saint-Fidèle et Saint-Esprit fusionnent pour former la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Rocamadour.

Louise Côté

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