La paroisse de Saint-François-d’Assise (1914)


Au début du XXe siècle, au moment où la ville de Québec est en pleine expansion, la compagnie de promoteurs immobiliers Leclerc et Lamontagne achète une terre située à l’ouest de la 1re Avenue, entre l’actuelle rue Boisclerc et la rivière Lairet, aujourd’hui canalisée. Suivant un modèle de développement en vogue à l’époque, le « Domaine Lairet » est divisé en rues et en avenues, puis en lots d’égales largeur et profondeur. On établit des normes strictes de construction et d’aménagement, avant de mettre les terrains en vente, à grand renfort de publicité (Blanchet, 1987, 16).

Le succès du lotissement est rapide. Grâce aussi au développement voisin de la Quebec Land, la population de Limoilou double en trois ans et en 1915, on y dénombre près de 6 000 personnes (Alexis, 1921, 66). Le temps est donc venu de diviser la paroisse de Saint-Charles. On a d’ailleurs commencé à construire une chapelle temporaire à l’automne 1913, sur le chemin de Charlesbourg (aujourd’hui 1re Avenue). Dès l’hiver suivant, une pétition est envoyée à l’archevêque qui acquiesce rapidement à la demande, attendu qu’on trouve dans ce secteur « à peu près cent vingt familles formant une population d’environ sept cents âmes » (Décret d’érection, 4 mars 1914).

La paroisse de Saint-François-d’Assise est érigée canoniquement le 4 mars 1914. Grosso modo, elle s’étend d’est en ouest, de la 4e Avenue à la croix de Jacques-Cartier (actuel parc Cartier-Brébeuf) et du nord au sud, de la paroisse de Charlesbourg jusqu’à la 6e Rue (Ibid., 89). En 1919, à la demande des paroissiens, le cardinal Bégin établit Notre-Dame de Roc-Amadour comme patronne de la paroisse « de parité avec saint François » (Anonyme, 1964).

La présence de l’Hôpital de Saint-François-d’Assise, établi en 1914 au nord du terrain de l’église, contribue au développement de la paroisse. Celle-ci compte déjà plus de 3 000 habitants en 1920 (Ibid.). La progression du peuplement entraîne le détachement, à même Saint-François-d’Assise et Saint-Charles, des paroisses de Saint-Fidèle en 1927 et de Saint-Esprit en 1930. Après la Deuxième Guerre mondiale, la mise en valeur du nord de Limoilou amène la formation de Saint-Albert-le-Grand en 1946, puis de Sainte-Claire-d’Assise en 1950.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent des modifications importantes du paysage paroissial. Le 17 mars 1998, les paroisses de Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, Saint-Zéphirin-de-Stadacona, Saint-Fidèle et Saint-Esprit fusionnent pour former la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Rocamadour.

Louise Côté

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