La paroisse de Saint-Jean-Baptiste (1886)

Au début du XIXe siècle, le port de Québec déborde d’activité et la population de la ville est en nette croissance. Sur le plateau, le peuplement s’étend hors des fortifications. Le faubourg Saint-Jean s’étire vers le nord jusqu’à la cime du coteau Sainte-Geneviève et, en direction ouest, il dépasse la rue Sutherland. Entre la Grande Allée et la rue Saint-Patrick, le faubourg Saint-Louis se développe : en 1844, il compte 2 784 résidants. Le nombre d’habitants du faubourg Saint-Jean atteint alors 9 012 habitants (Blanchet, 1988, 10).

La population catholique des faubourgs relève de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec et tous les services de la religion sont assurés à la cathédrale. Les Irlandais assistent toutefois aux offices de l’église de St. Patrick, depuis son ouverture en 1833.

Devenus assez nombreux pour réclamer leur propre temple, une partie des résidants du faubourg Saint-Jean déposent, en 1842, une requête auprès des autorités religieuses (Noppen, 1991). Mais la réponse tarde. Le 28 juin 1845, un incendie majeur détruit la presque totalité des deux faubourgs, soit près de 1 200 maisons, jetant par le fait même 9 000 personnes à la rue (Blanchet, op. cit., 15). La catastrophe permet toutefois de dégager des terrains et d’en réserver un pour l’église. Acheté le 2 août 1846, pour la somme de 2 500 louis, il est situé à l’angle des rues Saint-Jean et Sainte-Claire.

L’église, construite d’après les plans de l’architecte Charles Baillairgé, est placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste. Ouverte au culte le 25 juin 1849, elle demeure une desserte de Notre-Dame. On ne peut y célébrer ni les baptêmes, ni les mariages, ni les funérailles. Ce n’est qu’à partir du 1er janvier 1860, lorsqu’elle obtient le statut de succursale, qu’on peut tenir des registres et administrer les sacrements. La gestion des revenus reste toutefois entre les mains des marguilliers de l’église de Notre-Dame (Caron, 1936).

Un incendie ravage à nouveau le quartier et l’église en juin 1881. On entreprend la reconstruction du temple dès l’année suivante, au moment où un groupe de 365 résidants dépose une nouvelle requête pour obtenir la création d’une paroisse. Érigée finalement par le cardinal Taschereau le 24 mai 1886, elle est placée sous le patronage de saint Jean-Baptiste. On y compte alors 10 000 résidants dont 8 000 communiants (Album, 1936, 176). Comme la paroisse est endettée de 166 466 $ à la suite de la reconstruction de l’église, on attribue 110 000 $ de dettes à Saint-Jean-Baptiste et le reste à la paroisse mère de Notre-Dame.

Grosso modo, la paroisse est bornée au nord par la cime du coteau, à l’est par une ligne située au niveau de la rue Saint-Eustache (aujourd’hui disparue sous l’autoroute Dufferin-Montmorency), au sud par le milieu de la Grande Allée et à l’ouest par les paroisses de Saint-Colomb-de-Sillery (aujourd’hui Saint-Michel) et de Sainte-Foy (Album, 1936, 22).

À partir du début du XXe siècle, l’urbanisation du plateau de Québec entraîne le détachement de nouvelles paroisses : Notre-Dame-du-Chemin est érigée à l’ouest du territoire, le 28 mai 1909 ; Saint-Cœur-de-Marie se détache au sud, le 3 mai 1918 et Saint-Vincent-de-Paul au nord-est, le 1er juillet 1949. Mais l’existence de ce dernier détachement est de courte durée. La construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency, au début des années 1970, détruit une partie de son territoire, si bien que la paroisse est supprimée en 1988 pour être rattachée à celle de Saint-Jean-Baptiste.

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé incitent certaines paroisses à mettre en commun leurs ressources humaines et financières. Le 17 novembre 1999, les paroisses de Notre-Dame-du-Chemin et des Saints-Martyrs-Canadiens sont supprimées et leur territoire respectif est rattaché à la paroisse mère de Saint-Jean-Baptiste.

Louise Côté

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