La paroisse de Saint-Sauveur (1866)


En 1846, l’arpenteur Joseph Hamel dresse un plan de lotissement d’une partie des terres de l’Hôpital-Général. Il ouvre une série de rues à l’ouest de la rue Saint-Ours (aujourd’hui boulevard Langelier), limite occidentale de la ville de Québec. Hamel lotit aussi la terre suivante, propriété de Pierre Boisseau. Située au-delà de la rue Sauvageau (aujourd’hui De Mazenod), ce secteur devient « Boisseauville », cœur du village de Saint-Sauveur. Le peuplement est rapide : en 1852, près de 3 000 personnes vivent sur les lots tracés par l’arpenteur (Morisset, 2000, 59).

Très modeste, l’agglomération est décrite comme étant « une savane non iriguée » où les maisons sont « de misérables cabanes » (Cité dans Blanchet, 1987, 11). Pour stimuler le développement, Pierre Boisseau cède deux terrains à la fabrique de Saint-Roch, le premier pour un cimetière et le second pour la construction d’une église. Ce dernier occupe le centre de Boisseauville, entre les rues De Mazenod et Bayard.

En 1850, l’abbé Zéphirin Charest, curé de Saint-Roch, dépose une requête auprès des autorités religieuses pour qu’on ouvre une succursale de sa paroisse au village de Saint-Sauveur (Bernier, 1978, 11). La réponse étant favorable, on entreprend aussitôt les travaux de construction d’une église. Trois ans plus tard, on confie la desserte au supérieur des Oblats, le père Flavien Durocher. La congrégation des Oblats, fondée en France par le père de Mazenod, se destine justement au ministère des quartiers ouvriers (Noppen, 1994, 206).

Le dimanche 14 octobre 1866, un incendie éclate sur la rue Saint-Joseph et détruit la presque totalité du village de Saint-Sauveur, y compris l’église. Afin de pourvoir à sa reconstruction, le père Durocher demande aux autorités religieuses la création d’une paroisse autonome dont les Oblats assureraient la gestion (Noppen, 1997, 6). En accord avec cette demande, Mgr Baillargeon signe le décret d’érection canonique de la paroisse de Saint-Sauveur, le 28 février 1867. Les Oblats se mettent aussitôt à l’œuvre en confiant les plans de la nouvelle église à Joseph-Ferdinand Peachy.

Au fur et à mesure de la croissance de Saint-Sauveur, devenu un quartier de Québec après l’annexion de 1889, de nouvelles paroisses se détachent. On crée ainsi Saint-Malo en 1898 (aujourd’hui Sainte-Angèle-de-Saint-Malo), Sacré-Cœur-de-Jésus en 1917, Notre-Dame-de-Grâce en 1924 et Saint-Joseph en 1925.

Dans les dernières décennies du siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent un remodelage du paysage paroissial. En 1997, on supprime la paroisse de Notre-Dame-de-Grâce et l’on rattache son territoire à celui de Saint-Sauveur. L’année suivante, la paroisse de Saint-Joseph disparaît à son tour et son territoire est intégré à celui de Sainte-Angèle-de-Saint-Malo. Aujourd’hui, Saint-Sauveur est toujours desservie par les Oblats, mais une fabrique civile a été érigée en 1977 pour gérer les biens de la paroisse (Ibid., 14).

Louise Côté

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