La paroisse de Saint-Vincent-de-Paul (1949)


En 1870, l’œuvre du Patronage de la Société Saint-Vincent-de-Paul ouvre une école pour les enfants pauvres, sur la côte d’Abraham. Elle prospère si bien qu’on agrandit le bâtiment et qu’on lui ajoute une chapelle, édifiée entre 1895 et 1898 (Blanchet, 1988, 18). L’établissement est dirigé par la congrégation française des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, dont les premiers membres arrivent à Québec en 1884 (Noppen, 1994, 264).

Entre 1930 et 1940, la population de la ville augmente de 10 000 personnes. À lui seul, le quartier de Saint-Jean-Baptiste compte plus de 14 000 habitants. Comme la chapelle du patronage sert déjà de « chapelle de secours » pour la population environnante, on entreprend des démarches auprès du cardinal Villeneuve pour la création d’une paroisse. Ceci « pour le bien spirituel des paroissiens » qui demeurent loin de l’église et qui ont difficilement accès à ses services (Pontbriand, 1974, 1). Le curé de Saint-Jean-Baptiste consent à la division. Mais on doit aussi obtenir l’autorisation de la congrégation des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul et la guerre rend les communications difficiles avec la France. En attendant, le cardinal nomme le père Stanislas Bolduc responsable de cette partie de la paroisse qui devient desserte de Saint-Jean-Baptiste. Il peut l’administrer comme une paroisse autonome et les registres ouvrent en mai 1940. Un décret officiel de l’Église, daté du 11 septembre 1943, confirme les pleins pouvoirs de la desserte (Ibid. 6).

Entre le cardinal et le supérieur général des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, les pourparlers reprennent après la guerre, en mars 1946. Les religieux sont d’abord réticents puisque la prise en charge de paroisses ne fait pas partie des tâches habituelles de la communauté. Ils donnent toutefois leur autorisation, après l’incendie de l’église, survenu en mai 1949. La paroisse de Saint-Vincent-de-Paul est érigée canoniquement le 1er juillet de la même année. Grosso modo, elle s’étend depuis la rue des Glacis jusqu’à la côte Sainte-Geneviève, puis de la cime du coteau jusqu’à la rue Saint-Patrick. L’église est reconstruite en 1950-1951.

Au moment de sa fondation, la paroisse compte 862 familles, soit 3 821 habitants (Ibid., 13). Mais peu à peu, son territoire est envahi par le commerce et la construction de garages. À partir de la fin des années 1960, la démolition de plusieurs pâtés de maisons pour la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency et du complexe de Place-Québec lui porte un coup final. En 1973, il ne reste que 278 familles – 1 366 habitants – dans la paroisse (Ibid., 14).

Par décret, l’évêque de Québec supprime la paroisse de Saint-Vincent-de-Paul le 8 décembre 1988. Son territoire est rattaché à celui de Saint-Jean-Baptiste et l’église est mise en vente en 1987.

Louise Côté

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