La paroisse de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette (1794/1827)



Dès la fin du XVIIe siècle, les familles de « Canadiens »établies à proximité du village huron (Wendake) y fréquentent la petite chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. Ils sont assez nombreux en 1787 pour demander la création d’une nouvelle paroisse. Essuyant d’abord un refus, ils reviennent à la charge en décembre 1793.L’évêque accepte alors leur requête, car il se trouve maintenant « un peu [plus] au large pour les prêtres que les années précédentes » (Malouin, 1949, 63). Mgr Hubert, qui attribue le vocable de Saint-Ambroise à la nouvelle paroisse, nomme le premier curé en 1794. Il permet aussi l’achat d’un terrain pour la construction d’une église et d’un presbytère (Barbeau, 1994, 9). 

L’érection canonique survient beaucoup plus tard. Depuis la Conquête, l’Église catholique est dans une situation difficile. On lui enlève notamment le droit d’ériger canoniquement de nouvelles paroisses. Officiellement, cette interdiction dure jusqu’à l’adoption de l’Acte constitutionnel de 1791, mais officieusement elle s’étire au moins jusqu’au milieu des années 1820 (Courville, 2001, 28).Même si une paroisse est clairement établie, ce dont témoigne notamment l’arrivée du curé, elle n’a donc aucune existence canonique formelle. Fondée en 1794,Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette n’existera canoniquement qu’à partir de 1827. 

Une première chapelle temporaire, construite à même le presbytère, est bénite en 1795. On entreprend la construction d’une église trois ans plus tard. Elle sera démolie en 1890 pour faire place à un temple plus vaste. Terminé en 1903, celui-ci est réduit en cendres le 13 décembre 1908. Les paroissiens entreprennent aussitôt la construction d’une troisième église, détruite à son tour par un incendie en 1967. L’église actuelle est alors édifiée. 

Découpé à même la paroisse de Saint-Charles-Borromée, le vaste territoire de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette est démembré à partir du XXe siècle. Trop éloignées du temple paroissial ou avides d’autonomie, plusieurs communautés s’en détachent : Notre-Dame-des-Laurentides et Saint-Gérard-Majella en 1909, Saint-Émile en 1925 et Sainte-Marie-Médiatrice en 1950. À l’ouest du boulevard Henri IV, le territoire de Sainte-Geneviève se sépare lui aussi de Saint-Ambroise pour être annexé au territoire paroissial de Saint-Gérard-Majella en 1992. Il en va de même de certains secteurs au sud-est du territoire, rattachés aux paroisses de Saint-André en1962 et de Sainte-Monique en 1991 (Barbeau, 1994,100 et 164).



Louise Côté

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