La paroisse de Saint-Charles-Garnier (1944)



À partir des années 1930, la population de Sillery augmente de façon importante. Alors que les terrains situés entre le chemin Gomin, le boulevard Saint-Cyrille (René-Lévesque) et l’avenue Holland sont presque tous occupés, le secteur à l’ouest de l’avenue Maguire s’ouvre au lotissement. Entre 1931 et 1951, la population quadruple(Dion-McKinnon, 1987, 144). 

Les résidents du « haut » de la paroisse, éloignés de l’église de Saint-Colomb, préfèrent souvent se rendre à l’église du Saint-Sacrement (Album-souvenir,1994, 30). Pour desservir cette population, on inaugure donc en 1938 une chapelle dans la nouvelle école Saint-Michel (Album-souvenir des centenaires de Sillery,1956, 21). En 1944,on fait circuler une pétition demandant la création d’une nouvelle paroisse. Mais le curé de Saint-Colomb (Saint-Michel), l’abbé Delisle, s’y oppose. À la tête d’un groupe de paroissiens, il défend le principe de l’unité de la paroisse et propose plutôt la construction d’une chapelle qui serait la desserte de la paroisse-mère. Les résidents des nouveaux quartiers insistent. Le 29 juin, l’archevêché convoque une assemblée à l’école Saint-Michel. Les esprits s’échauffent et l’on doit mettre fin à la réunion. 

En août 1944, l’archevêché fait part de sa décision : il y aura une nouvelle paroisse ! Elle est placée sous le patronage de saint Charles Garnier, un jésuite du XVIIe siècle,rappelant la présence de cet ordre missionnaire à Sillery. Érigée canoniquement le 7 août 1944, la paroisse est détachée de Saint-Colomb (Saint-Michel) et comprend les « trois quarts de la partie haute de Sillery [tandis que] l’extrémité est [passe] à la paroisse des Saints-Martyrs » (Ibid.). Elle regroupe alors 2 752 personnes (Ibid.). 

C’est en 1945 qu’on entreprend la construction de l’église, dont l’inauguration aura lieu deux ans plus tard (Lambert,2002, 387). En 1953, une partie du territoire paroissial est détachée pour former la nouvelle paroisse de Saint-Yves, appelée jusque-là Saint-Charles-Garnier Ouest.



Louise Côté

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