La paroisse de Saint-Denys-du-Plateau (1961)



Entre 1950 et 1954, au nord du boulevard Laurier, le ministère de la Défense fait ériger 200 unités d’habitation destinées aux militaires mariés. Ce premier lotissement est à l’origine de la paroisse de Saint-Denys-du-Plateau. Celle-ci est érigée canoniquement le 31 juillet 1961.Détaché de Notre-Dame-de-Foy et de Saint-Yves, le territoire de la nouvelle paroisse s’étend grosso modo entre quatre grandes artères : l’autoroute Henri-IV, le chemin des Quatre-Bourgeois, le boulevard Laurier ainsi que l’autoroute du Vallon. 

L’emplacement de l’église déclenche une polémique qui alimente la presse locale. Le décret d’érection canonique mentionne que le temple paroissial doit être construit sur les lots 288-4-5 du cadastre de Sainte-Foy. Ce terrain, situé sur la route de l’Église, est acquis à cette fin par l’archevêché de Québec. Mais la municipalité en pleine expansion et soucieuse de son développement urbain ne l’entend pas ainsi. Le choix du site entre en conflit avec son plan d’urbanisme, puisque c’est précisément là qu’on prévoit construire un campus scolaire. Le maire offre donc à la paroisse d’échanger ce lot contre un autre situé dans le quartier militaire, à l’angle des rues Wolfe et Montreuil (Le Banlieusard,2 mai 1963). Devant les hésitations, puis le refus du ministère de la Défense, le curé Benoit Fortier lance un ultimatum : « Il me faut dans trois semaines un terrain sur lequel je pourrai bâtir mon église » (Ibid.). 

Le curé devra attendre encore plusieurs mois. À la suite de diverses tractations et notamment de l’offre d’un nouveau terrain rue Wolfe, les paroissiens sont invités à voter en septembre 1963. Lors d’une assemblée houleuse, la majorité se prononce en faveur du site de la rue Wolfe, mais le résultat du vote est annulé pour un motif technique quelconque. La confrontation de la fabrique, du conseil municipal et des paroissiens tire pourtant à sa fin. À l’occasion d’une nouvelle assemblée, tenue le 24 novembre, le site de la route de l’Église est choisi par 132 paroissiens contre 120 (Le Banlieusard,27 novembre 1963). Ce vote s’avère déterminant : le temple y est finalement construit au cours de l’année 1964. 

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la diminution de la pratique religieuse, le vieillissement du clergé et la baisse des effectifs religieux entraînent une réorganisation du paysage paroissial. En janvier 2000, les paroisses de Saint-Denys-du-Plateau, Saint-Mathieu et Sainte-Geneviève sont fusionnées à Notre-Dame-de-Foy.



Louise Côté

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