La paroisse de Saint-Émile (1925)



Au début du XXe siècle, deux « villages » de l’ancienne seigneurie Saint-Ignace connaissent une croissance démo-graphique relativement importante : Saint-Ignace, situé à la rencontre des actuels boulevard Lapierre et rue des Érables, et Saint-Romain, localisé le long de la route du même nom. Entre 1910 et 1925, la population y double pour atteindre 700 habitants (Album-souvenir, 1975, 31). Aux agriculteurs s’ajoutent de plus en plus de travailleurs du cuir, tailleurs ou tanneurs, attirés par les entreprises Bastien de Wendake. 

Du village de Saint-Ignace, il faut marcher trois milles pour se rendre à l’église de Saint-Ambroise. Les habitants présentent donc une requête en 1918 pour obtenir leur paroisse. La réponse ne vient qu’en août 1925. Après avoir« pris l’avis de M. le curé de Saint-Ambroise de Lorette »,l’archevêque de Québec répond positivement et érige canoniquement la nouvelle paroisse « sous l’invocation de Saint-Émile, martyr, dont la fête se célèbre le 22 mai ». 

Détaché de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette, le territoire de la paroisse ne comprend pas le « village » de Saint-Romain, incorporé à Saint-Charles-Borromée depuis 1835 (Ibid., 37). Les habitants de ce secteur devront faire deux autres demandes auprès de l’archevêché avant d’obtenir en 1928 leur rattachement à Saint-Émile. 

Pendant les premiers mois de vie paroissiale, on aménage une chapelle au rez-de-chaussée de l’école de l’arrondissement no6. La messe y sera célébrée jusqu’à l’inauguration de l’église actuelle en 1927. 

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent souvent un remodelage du paysage paroissial. Pour survivre financièrement au déclin du nombre de fidèles, on évalue la possibilité de fusionner avec la paroisse de Sainte-Marie-Médiatrice, mais le projet est écarté pour le moment.



Louise Côté

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