La paroisse de Saint-Félix-de-Cap-Rouge (1862)



Dans les années 1840, l’industrie de la poterie et surtout le commerce du bois attirent de nouvelles familles au Cap-Rouge. Trop éloignées des églises de Notre-Dame-de-Foy, de Saint-Augustin ou de L’Ancienne-Lorette, elles réclament bientôt leur propre lieu de culte. 

Le 18 juin 1856, un groupe de propriétaires dépose une demande auprès de l’évêque pour obtenir l’autorisation d’élever une chapelle et d’établir une paroisse (Société historique de Cap-Rouge, 1984, 7). Mais les requérants essuient un refus. En effet, le curé de Sainte-Foy s’y oppose et les autorités religieuses considèrent que « les établissements de Cap-Rouge ne semblent pas assez nombreux pour justifier une dépense aussi considérable »(Gingras et Gelly, 1991, 79). 

Les Carougeois reviennent à la charge deux ans plus tard en formant un comité pour la construction d’une chapelle, lequel est responsable de la cueillette de l’argent nécessaire. Il adresse aussi une pétition de cent noms, en janvier 1859, au vicaire général Charles-Félix Cazeau. On y souligne que même si Cap-Rouge ne compte que 46 chefs de famille, la localité soutient une école élémentaire depuis plusieurs années qui coûte annuellement 65 livres. On ajoute que l’instituteur a toujours été bien rétribué (Ibid.,80). 

Envoyé sur les lieux par les autorités religieuses, le vicaire général constate la détermination des habitants. Il recommande donc à l’archevêché d’agréer la demande. La nouvelle paroisse portera le nom de saint Félix en l’honneur du vicaire. 

En attendant la réponse officielle, les travaux débutent sur une terre appartenant au seigneur de Gaudarville, Antoine Juchereau Duchesnay. Terminée en 1859, la chapelle est desservie par un prêtre-chapelain jusqu’à l’érection canonique de Saint-Félix-de-Cap-Rouge le 5 mars 1862.



Louise Côté

texte pour impression