La paroisse de Saint-Ignace-de-Loyola (1914)



En 1889, la compagnie de chemin de fer Québec, Montmorency et Charlevoix inaugure une voie ferrée entre Limoilou et Sainte-Anne-de-Beaupré. Pour desservir le cœur de la populeuse paroisse de Beauport, une gare est construite à l’embouchure de la rivière du même nom, dans le secteur appelé « Côte des Pères » (Côté,1994, 15). 

Le nouveau moyen de transport, qui permet de rejoindre Québec en moins de quinze minutes, amorce l’urbanisation. Le 21 décembre 1912, la Côte des Pères se détache de la municipalité de Beauport pour former le village de Giffard. En même temps que la demande de constitution civile, les habitants déposent une requête auprès de l’archevêché pour obtenir leur propre paroisse religieuse. Mais le curé Déziel de Beauport s’y oppose. Dans une lettre à l’archevêque, il mentionne que les résidents de Giffard exagèrent la distance à parcourir pour se rendre à l’église. Il ajoute surtout que la dette élevée de la fabrique a été contractée avec leur assentiment et qu’ils ne peuvent donc pas s’en dégager(Banque documentaire,1994, L-281). 

Il faudra finalement quatre requêtes et une enquête canonique, qui sert à vérifier « les allégations des dites requêtes », pour que le cardinal Bégin donne enfin son accord. La nouvelle paroisse est érigée le 2 juillet 1914 sous le vocable de saint Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie de Jésus. On veut ainsi rappeler que les Jésuites occupaient ce territoire sous le Régime français. Dans l’ancienne seigneurie Notre-Dame-des-Anges, qui leur avait été concédée en 1626, ils détenaient une métairie située approximativement au centre de la nouvelle paroisse. 

Détachée de Notre-Dame-de-Beauport (La Nativité-de-Notre-Dame), la paroisse a environ 31 arpents de front sur 86 de profondeur et compte 185 familles (Banque documentaire,1994, L-280). Formée du village de la Côte des Pères et du Petit-Village, elle s’étend de Saint-Michel-Archange (Centre hospitalier Robert-Giffard ou CHRG) à la rivière Beauport. En 1961, elle perd le secteur du Petit-Village, qui devient alors la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-L’Espérance. 

Le premier curé, l’abbé Roméo Guimont, entre en fonction en août 1914. Il célèbre les premières messes à la chapelle de l’Asile Saint-Michel-Archange (CHRG), avant de faire construire une petite chapelle de bois et un presbytère sur un terrain donné par le Séminaire de Québec le 12 octobre 1914. Le site, qui est celui de l’église actuelle, est détaché de la ferme Saint-Ignace, l’ancienne métairie des Jésuites (Album-souvenir,1964, 16). 

À partir de 1919, le nouveau curé, Joseph-Arthur Gauthier, organise une collecte appelée « la part de Dieu » pour amasser l’argent nécessaire à la construction d’une église. En incitant « fortement » toutes les familles à y verser un montant chaque semaine, il parvient à recueillir la somme colossale de 100 000 $ en 1932, malgré la crise économique (Paulette, 1994, 14). Les travaux peuvent alors débuter.



Louise Côté

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