La paroisse de Saint-Louis-de-Courville (1910)



Au début du XXe siècle, la Montmorency Cotton Mills, au pied de la chute Montmorency, est en plein essor. Attirés par l’usine, de nombreux ouvriers ne trouvent plus à se loger au « Bas du Sault ». Certains gravissent donc la falaise pour s’établir au « Haut du Sault », un secteur qui devient d’autant plus intéressant que l’ancienne maison Haldimand est maintenant un hôtel de luxe qui peut fournir du travail. Accessible par chemin de fer, le Kent House Hotel est en effet un lieu couru pour son zoo – le premier de la région de Québec –, son golf de 18 trous, son théâtre rustique et, l’hiver, pour ses glissoires et sa patinoire (Côté, 1994, 10). 

En 1910, on compte 230 familles dans la future municipalité de Courville. Plusieurs d’entre elles réclament leur propre paroisse. Répondant favorablement à leur requête, compte tenu du nombre important de résidents et de l’éloignement de l’église, l’archevêque Bégin érige canoniquement Saint-Louis-de-Courville le 22 juillet1910. La nouvelle paroisse est placée sous le patronage de saint Louis, le célèbre roi Louis IX, canonisé en 1297,moins de 30 ans après sa mort. On veut aussi par le choix du vocable honorer l’archevêque Louis-Nazaire Bégin et l’un des premiers habitants du secteur, Charles Cadieu dit Courville (Album-souvenir,1985, 16). 

Saint-Louis-de-Courville est formée de 1 000 arpents dont 894 sont détachés de Notre-Dame-de-Beauport (La Nativité-de-Notre-Dame) et 106 de Saint-Grégoire-de-Montmorency. Elle est bornée par la rivière Montmorency, la falaise et la limite est de la future municipalité de Villeneuve (Ibid.). 

Dès l’arrivée du premier curé en 1910, l’abbé Salustre Bélanger, on célèbre une première messe dans la grange de madame Isaï Tessier-Laplante. L’année suivante, on achète sept arpents de terre pour les besoins paroissiaux. On entreprend aussitôt la construction du presbytère, puis celle de l’église. Bénite le 31 août 1913, celle-ci est toutefois rasée par le feu le 26 janvier 1917. En attendant la reconstruction du temple, les paroissiens construisent une chapelle temporaire. 

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent une refonte de la carte paroissiale. En2001, Saint-Grégoire-de-Montmorency, Saint-Louis-de-Courville, Saint-Thomas-de-Villeneuve et Sainte-Marguerite-Marie-de-Boischâtel fusionnent pour former la nouvelle paroisse de La Bienheureuse-Marie-Catherine-de-Saint-Augustin.



Louise Côté

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