La paroisse de Saint-Michel-de-Sillery (1855)



Les premiers actes religieux inscrits sur le territoire de Sillery remontent à la fondation de la mission jésuite de l’anse Saint-Joseph en 1637. Destinée à la sédentarisation et à la conversion des autochtones, la mission sert aussi aux colons français qui résident dans les environs. D’après les registres tenus par les Jésuites, ils fréquentent la chapelle Saint-Michel, construite en 1644, au moins jusque dans les années 1670. Par la suite, ils se rendent à la nouvelle chapelle Notre-Dame-de-Foy située sur le plateau. La mission Saint-Joseph cesse ses activités à la fin du XVIIe siècle et la chapelle Saint-Michel, reconstruite après un incendie, est finalement abandonnée puis démolie en 1824.



La chapelle Saint-Richard et l’église de Saint-Colomb 

Au début du XIXe siècle, l’essor du commerce du bois et de la construction navale entraîne une occupation intense des anses de Sillery. Les ouvriers s’installent à proximité des chantiers, le long du chemin du Foulon. De petites agglomérations ouvrières apparaissent aussi sur le plateau : Bergerville, Nolansville et la Pointe-à-Puiseaux. 

Vu l’éloignement des églises de Sainte-Foy et de Québec, des paroissiens du chemin des Foulons et du secteur de Près-de-Ville (Québec) demandent en 1839 que soit érigée une chapelle rue Champlain. Leur requête ayant été rejetée, ils reviennent à la charge le 2 mars 1847 en s’adressant cette fois-ci à l’archevêché (Provost, 1977, 59). Presque au même moment, le 4 mars, une seconde demande parvient aux autorités religieuses. Elle émane de 600 autres catholiques de Sillery qui veulent une desserte sur le territoire même de Sillery. Leur demande est agréée avant la fin du mois (Lamontagne, 1941, 30). 

Plutôt que de bâtir une chapelle, les catholiques de Sillery choisissent d’acheter la maison du marchand de bois Patrick McInenly et de la reconvertir en lieu de culte. Celle-ci est située sur la Pointe-à-Puiseaux, « le plus beau site de la paroisse » (Ibid., 1941, 30). Le 26 juin 1847, le terrain d’une superficie de quatre arpents, « vingt perches et 280 pieds mesure française » est vendu 600 livres à l’archevêque de Québec. On y trouve une étable et une assez vaste maison à deux étages (Ibid.,31). Au mois de décembre, elle est prête à recevoir les fidèles. La mission est placée sous la protection de saint Richard. 

La chapelle se révélant exiguë pour une population en pleine croissance, une nouvelle requête est adressée à l’évêché pour obtenir la permission de construire une église. La demande acceptée, les travaux débutent en 1852 et le nouveau temple, dédié à saint Colomb, est bénit le 5 novembre 1854. La chapelle Saint-Richard est alors transformée en presbytère.



La fondation de la paroisse 

Malgré la présence d’une église, le territoire n’est qu’une desserte. Pour les baptêmes, les mariages et les sépultures, il faut s’adresser au curé de sa paroisse, celui de Notre-Dame-de-Foy pour les résidents de l’ouest de Sillery, ou celui de Notre-Dame-de-Québec pour les habitants de l’est du territoire. Pour simplifier la vie paroissiale, on fait donc une nouvelle requête à l’évêché en 1855. Mais une contre-requête est présentée en même temps. C’est que les fidèles qui vivent à l’ouest de la côte de Sillery (côte de l’Église) et à proximité de la route de Kilmarnorck (côte Gignac) s’opposent à l’érection d’une nouvelle paroisse, préférant rester rattachés à Notre-Dame-de-Foy (Lamontagne, 1952, 34). 

Sans tenir compte des oppositions, les autorités diocésaines érigent canoniquement la nouvelle paroisse de Saint-Colomb le 2 octobre 1855. Elle forme un territoire « de figure irrégulière d’environ quatre milles et demi de front sur environ un mille et un tiers dans sa plus grande profondeur [...] » (décret du 2 octobre 1855, cité dans Lamontagne, 1941, 47). Détachée à parts presque égales des deux paroisses précédemment mentionnées, elle compte alors une population de 2 480 personnes, majoritairement irlandaises, d’où le choix du patron de la paroisse, un moine irlandais du VIe siècle.

À partir des années 1940, l’urbanisation du territoire de Sillery entraîne la fondation de la paroisse de Saint-Charles-Garnier, détachée en 1944 de Saint-Colomb. Celle-ci perd aussi un autre secteur de son territoire pastoral lorsque Saint-Yves est fondée en 1953. 

La paroisse de Saint-Colomb prend le nom de Saint-Michel en 1969, « en l’honneur de Monsieur de Puiseaux qui avait reçu la terre sur laquelle est bâtie l’église et pour rappeler surtout le nom de la première chapelle de Sillery » (Boucher, 1987, 9).



Louise Côté

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