La paroisse de Saint-Roch (1829)


Au début du XIXe siècle, la ville de Québec connaît une importante croissance économique et démographique. Plaque tournante du commerce du bois avec l’Angleterre et principale porte d’entrée de l’immigration, la capitale du Bas-Canada est en plein développement. Dans le faubourg Saint-Roch, la présence de chantiers de construction navale, le long de la Saint-Charles, attire de nombreux artisans et ouvriers. Le nombre d’habitants augmente rapidement pour atteindre 4 767 en 1818, soit près du tiers de la population de la ville (Hare, 1987, 325).

En avril 1811, quelque 240 familles adressent une requête à Mgr Plessis pour obtenir le droit de construire un lieu de culte. L’homme d’affaires John Mure, propriétaire d’une partie de Saint-Roch, offre d’ailleurs l’un de ses terrains pour servir d’emplacement à l’église. Préoccupé par « la moralité et les conditions de vie » des faubourgs, l’évêque de Québec accorde l’autorisation d’ériger le temple et voit même à sa construction à partir de 1811 (Noppen, 1996, 24). Reconstruite en 1817 après un incendie, l’église est placée sous le patronage de saint Roch. Elle reste une succursale de Notre-Dame, où l’on continue de célébrer tous les sacrements, baptêmes, mariages et funérailles.

Comme la population de Saint-Roch continue de croître, l’implantation d’une nouvelle entité religieuse s’impose : premier détachement de Notre-Dame-de-Québec, la paroisse de Saint-Roch est érigée par décret canonique le 26 septembre 1829. Son territoire est considérable. Il s’étire depuis le bas du coteau Sainte-Geneviève jusqu’aux limites des paroisses de Beauport, de Charlesbourg, de Saint-Ambroise, de L’Ancienne-Lorette et de Sainte-Foy. Formant une petite enclave, seule Notre-Dame-des-Anges, fondée en 1721, n’est pas comprise dans cet espace.

L’urbanisation graduelle du territoire entraîne la formation de nouvelles paroisses, à même Saint-Roch, à partir de la fin du XIXe siècle : Saint-Sauveur en 1867, Saint-Charles-de-Limoilou en 1896, Notre-Dame-de-Jacques-Cartier en 1901, Saint-Zéphirin-de-Stadacona en 1921, puis Notre-Dame-de-la-Paix en 1941. L’existence de cette dernière est toutefois de courte durée. À la suite de la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency, qui entraîne la destruction de plusieurs pâtés de maisons, on supprime la paroisse en 1981 et l’on rattache son territoire à la paroisse mère.

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé incitent au regroupement. En 1998, les paroisses de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier et de Saint-Roch s’unissent sous le vocable de Notre-Dame-de-Saint-Roch.

Louise Côté

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