La paroisse de Saint-Rodrigue (1945)



Au sud du Trait-Carré, le peuplement s’amorce lorsque les Jésuites concèdent en 1672 une terre à Mathurin Villeneuve, au lieu dit le « Gros-Pin ». Cinquante ans plus tard, le Gros-Pin forme un petit bourg autour de l’actuelle 1re Avenue (Paiement, 1995, 62). Les habitants relèvent de la paroisse de Saint-Charles-Borromée. 

Comme ailleurs dans le comté de Québec, la population villageoise augmente au début du XXe siècle. En 1924, une soixantaine de citoyens se réunissent pour discuter de la création d’une nouvelle paroisse. On trouve que les chemins, rares et étroits, sont « difficilement carros-sables, particulièrement au lendemain de pluies abondantes et pendant l’hiver » (Ibid.,67). Les curés des deux paroisses voisines, celles de Saint-Charles-Borromée et de Saint-François-d’Assise, se montrent favorables à l’idée. Enthousiastes, les habitants font préparer les plans d’une chapelle qui coûtera 4 000 $. Mais l’archevêché voit les choses d’un autre œil. Il considère que 70 familles ne suffisent pas à faire vivre une paroisse (Ibid.). Il s’oppose donc au projet. 

Un groupe de résidents revient à la charge en février 1945. Gros-Pin compte maintenant plus de 180 familles et une douzaine de commerces. Le cardinal Villeneuve donne alors son accord. La nouvelle paroisse est érigée canoniquement le 16 juin 1945 sous l’appellation de Saint-Rodrigue. Le décret prévoit que l’église sera construite sur la partie est du lot 709 du cadastre, ce qui correspond à une section de la terre concédée en 1672 à Mathurin Villeneuve, l’ancêtre du cardinal (Ibid.,68). 

Le site ne fait pas l’unanimité. Plusieurs paroissiens préfèrent que l’église soit bâtie plus au nord, dans le village de l’Auvergne alors en plein développement. La chicane éclate entre les marguilliers et le curé Parent, qui finit par démissionner six mois plus tard. Le nouveau curé, Antonio Houde, rétablit le calme. Il célèbre les premières messes de la paroisse dans la petite école de Gros-Pin. En février 1946, on achète de nouveaux terrains pour l’église, « au nord de la route conduisant au Petit-Village ». Le presbytère sera établi à côté, dans une maison déjà construite sur la terre de Léo Brie (Ibid.,147). La crypte de l’église de Saint-Rodrigue est ouverte au culte en 1947 et le bâtiment sera achevé au début des années 1960. 

Depuis la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et celle des effectifs du clergé ont entraîné un remodelage du paysage paroissial. Le 14 juin 1999, les paroisses de Saint-Jérôme et de Saint-Rodrigue fusionnent pour former désormais la nouvelle paroisse de Saint-Jean-Eudes.



Louise Côté

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