La paroisse de Sainte-Angèle-de-Saint-Malo (1898)


Dans les années 1860, une petite agglomération se développe à l’ouest de l’actuelle rue Montmagny, sur une terre qui appartient aux Ursulines. Autour du « chemin de Lorette » (aujourd’hui Saint-Vallier Ouest) et d’une manufacture de colle, elle prend le nom de « village Sainte-Angèle », en l’honneur de sainte Angèle de Mérici, fondatrice des Ursulines. Mais le peuplement reste faible, le « village » étant trop éloigné de la ville.

Pour accélérer la mise en valeur de leur propriété, les Ursulines font tracer en 1885 une large rue nord-sud, en plein centre de leur terre. C’est la rue Saint-André (aujourd’hui rue Marie-de-l’Incarnation) qui s’étire de la Saint-Charles jusqu’au coteau (Bergevin, 1976, 8). Cinq ans plus tard, seuls 63 lots ont trouvé preneurs (Morisset, 2000, 61). Le village de Saint-Sauveur vient toutefois d’être annexé par la ville de Québec. Désormais située aux portes du territoire urbain, la terre des Ursulines devient plus intéressante. La petite agglomération accède au rang de municipalité de village, sous l’appellation de Saint-Malo.

En mars 1898, 413 résidants de Saint-Malo et de l’ouest du quartier de Saint-Sauveur demandent qu’on célèbre la messe dominicale dans la chapelle du cimetière Saint-Sauveur, connue sous le nom de « mission Sainte-Angèle » (Noppen, 1994, 164). On allègue que l’église paroissiale est trop éloignée et qu’un grand nombre d’habitants n’a pas de voiture (Anonyme, 1998, 17). La réponse favorable des autorités religieuses est suivie en juillet de la même année par l’érection canonique de la paroisse de Saint-Malo. L’église sera construite sur un terrain donné par les Ursulines, à l’angle des rues de l’Aqueduc et Marie-de-l’Incarnation. On choisit naturellement sainte Angèle comme patronne de la paroisse.

Saint-Malo est bornée par la rue Saint-Luc à l’est, par les paroisses de Charlesbourg et de Saint-Ambroise au nord, puis par la paroisse de Sainte-Foy au sud-ouest. Au moment de sa fondation, elle compte 720 familles, soit 3 630 personnes. Le véritable peuplement des lieux s’effectue à partir de 1910, lorsque la compagnie du Transcontinental Raylway annonce l’ouverture d’une usine de réparation ferroviaire.

L’urbanisation entraîne le détachement de quatre paroisses : Saint-Joseph en 1925, Notre-Dame-de-la-Recouvrance en 1929, Sainte-Monique-les-Saules et Notre-Dame-de-Pitié en 1945.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé ont d’importantes conséquences sur le paysage paroissial. Par un décret daté du 14 décembre 1998, on supprime les paroisses de Saint-Joseph et de Notre-Dame-de-Pitié. Leur territoire est rattaché à celui de Sainte-Angèle-de-Saint-Malo, nouveau nom de la paroisse, depuis le 15 octobre de la même année.

Louise Côté

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