La paroisse des Saints-Martyrs-Canadiens (1928)


Au début du XXe siècle, après une période de léthargie, Québec reprend son expansion. Entre 1900 et 1940, la ville triple sa superficie tandis que la population double (Blanchet, 1988, 19). Sur le plateau, des compagnies de promoteurs immobiliers entreprennent le lotissement des terres. On forme la nouvelle municipalité de Ville-Montcalm en 1908 et, dès l’année suivante, ce territoire est érigé en paroisse religieuse, Notre-Dame-du-Chemin, desservie par les Jésuites.

Après l’annexion de Ville-Montcalm à Québec en 1913, le développement physique et religieux du territoire se poursuit. En 1921, on détache la partie ouest de Notre-Dame-du-Chemin pour former la nouvelle paroisse du Très-Saint-Sacrement et, en 1924, on ampute la partie sud pour créer Saint-Dominique. Entre les trois paroisses, les résidants du secteur dit « du Belvédère », en développement depuis la fin de la Première Guerre mondiale, trouvent que l’église de Notre-Dame-du-Chemin est devenue trop petite (Pouliot, 1978, 9).

Dès 1923, une première pétition de citoyens est envoyée au cardinal Bégin. On demande que les pères trinitaires puissent établir une maison et une chapelle à l’angle du chemin Sainte-Foy et de l’avenue Belvédère. Mais les autorités religieuses refusent d’intégrer un nouvel ordre religieux entre deux paroisses déjà desservies par des communautés de religieux, les pères du Très-Saint-Sacrement et les Jésuites. Ces derniers, d’ailleurs, s’opposent fermement à toute division de leur paroisse (Noppen, 1994, 242).

Une nouvelle pétition, envoyée en janvier 1925 par 87 paroissiens, reste sans réponse. L’église de Notre-Dame-du-Chemin ne peut pourtant plus contenir les 950 familles relevées à la visite paroissiale (Ibid., 11). Comme le peuplement se poursuit, il faut bâtir une église plus grande ou opter pour une nouvelle division religieuse. Les deux solutions sont finalement retenues. On construira la nouvelle église de Notre-Dame-du-Chemin à partir de 1930, avenue des Érables. Par ailleurs, entre les avenues Brown et Joffre, on érige le 18 août 1928 la paroisse des Saints-Martyrs-Canadiens. Les martyrs canadiens, des missionnaires jésuites tués par les Iroquois dans la première moitié du XVIIe siècle, sont alors en voie d’être béatifiés par le pape Pie X.

Avant la construction de l’église des Saints-Martyrs-Canadiens, dont on bénit la pierre angulaire en septembre 1929, les offices sont célébrés dans la chapelle de l’oratoire Saint-Joseph des sœurs de Saint-Joseph-de-Saint-Vallier, chemin Sainte-Foy.

À la fin du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé incitent certaines paroisses à mettre en commun leurs ressources humaines et financières. Le 17 novembre 1999, les paroisses des Saints-Martyrs-Canadiens et de Notre-Dame-du-Chemin sont supprimées et leur territoire respectif est rattaché à celui de Saint-Jean-Baptiste.

Louise Côté

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