St. Mary



Dans les années 1860, les rapports du diocèse anglican de Québec mentionnent l’existence d’une mission dans le secteur de la chute Montmorency (Church Society of the Diocese of Quebec, 1863). Elle ne dessert alors que 26 personnes (Salomon de Friedberg, 1996). Les offices, sans doute très occasionnels, sont probablement célébrés dans une maison aménagée à cette fin. 

L’implantation d’une filature de coton au pied de la chute, en 1889, augmente sensiblement le nombre d’anglicans et de protestants, comme le laisse entendre un autre rapport diocésain : « The outlook in this small but energic mission is now fairly encouraging. The growth of the industries at the “Falls”, notably the cotton factories, and the consequent increase of employees, have added to our congregation. Many who come have not been members of the English communion, but nevertheless appreciate and join in the services heartily » (Church Society of the Diocese of Quebec,1895). 

On célèbre alors les offices du dimanche dans une chapelle temporaire installée dans une école. Mais celle-ci, qui compte 30 places, ne suffit plus à la petite communauté de 35 membres (Ibid.). En 1899, l’évêque mentionne qu’il devient urgent de construire une église (Church Society of the Diocese of Quebec,1900). 

Au même moment, la Quebec Railway Light and Power acquiert l’ancienne villa Haldimand, située au haut de la chute Montmorency, pour la convertir en hôtel de luxe. On veut aussi transformer la vaste propriété qui l’entoure en parc public. L’hôtel Kent House ouvre en 1901. Sur une partie du site, on établit le premier zoo de la région de Québec, un théâtre « rustique » et un golf de 18 trous. Pour accueillir la clientèle protestante, mais aussi pour répondre aux besoins de la mission anglicane, qui compte maintenant 104 membres (Church Society of the Diocese of Quebec,1903), on entreprend la construction de St. Mary’s Church en octobre 1903. 

En 1941, il ne reste qu’un anglican dans le secteur de Montmorency (Salomon de Friedberg, op. cit.). Par ailleurs, l’hôtel n’est plus rentable et la Quebec Power songe à s’en départir dès 1947. À la suite de diverses transactions, les Dominicains acquièrent une partie de la propriété en 1954. Ils y établissent un « centre de rencontres religieuses, sociales et culturelles », rebaptisé Domaine Montmorency. Les pères utilisent occasionnellement le lieu de culte, devenu la chapelle St. Mary, et permettent aussi à la paroisse de Saint-Louis-de-Courville d’y célébrer des mariages. 

En 1974, le gouvernement du Québec achète le domaine, y compris la chapelle. L’acte de vente stipule que celle-ci ne doit pas être utilisée autrement qu’à des fins religieuses (« church purposes ») et que tous les biens de l’église doivent être conservés : « [...] and that all memorials in the church such as the stained glass windows and memorial plaques shall be preserved »(Acte de vente, 18 décembre 1974). 

La SÉPAQ administre le domaine à partir de 1985. Dans les années 1990, la chapelle sert parfois à la célébration de mariages civils. N’étant plus utilisée à des fins religieuses, comme le stipulait le contrat de 1974, le diocèse anglican en revendique aujourd’hui la propriété.



Louise Côté

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