La paroisse de St. Michael (1859)



Au début du XIXe siècle, l’essor du commerce du bois et de la construction navale entraîne une première phase de développement sur le territoire de Sillery. Des ouvriers s’installent à proximité des chantiers, le long du chemin du Foulon, puis sur le plateau, à Bergerville, Nolansville et à la Pointe-à-Puiseaux. Ailleurs sur les hauteurs, des marchands de bois, principalement des Anglais et des Écossais, aménagent de grands domaines autour de leur villa. Parmi cette nouvelle population, certains sont de confession anglicane. 

Comme le territoire de Sillery est éloigné des églises anglicanes de Québec, les résidents du secteur cherchent rapidement à obtenir leur propre chapelle. P.-A. Lamontagne mentionne dans son ouvrage qu’une chapelle anglicane y existe dès 1837. Elle aurait été ouverte durant les mois de navigation (Lamontagne,1952, 33). Selon Hélène Bergevin, si ce lieu de culte a existé, il était probablement aménagé dans une maison (Bergevin, 1988, 18). 

Les premières démarches qui mènent à la construction de l’église actuelle remonteraient au début des années 1850. La communauté anglicane s’adresse alors aux responsables du nouveau cimetière Mount Hermon pour qu’une section des lieux leur soit réservée pour la construction d’une chapelle. Comme le cimetière appartient à plusieurs communautés protestantes, on rejette la demande (Bergevin, 1988, 18). 

Les anglicans obtiennent finalement un terrain au nord du chemin Saint-Louis, en face de l’entrée du cimetière. Détaché de l’ancien fief Saint-Michel, il est donné à la fabrique de St. Michael par Maria Orkney et son époux, le docteur Joseph Morrin. L’acte de donation est signé en juin 1854, un mois après la pose de la pierre angulaire. 

Durant l’été, le révérend Armine Wale Mountain sollicite l’aide financière de donateurs anglais pour poursuivre la construction. Dans une circulaire destinée à recueillir les fonds, on mentionne que le nombre de fidèles de la future église n’est pas élevé, mais qu’il le sera en saison :« In summer, the new church will afford the means of grace to a large number of sailors and others concerned with shipping […] » (cité dans « St. Michael’s Church 1854-1954 », QDG, 1954). 

Terminé en 1854 et consacré deux ans plus tard, le nouveau temple dépend de la cathédrale anglicane jusqu’au 31 décembre 1859. On l’érige alors au rang d’église paroissiale. Son territoire comprend tout le plateau de Sillery et de Sainte-Foy, depuis la rue Belvédère (Lord,1993). Le nom de St. Michael rappelle le premier lieu de culte du territoire, la chapelle Saint-Michel de la mission jésuite.



Louise Côté

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