St. Paul



Au début du XXe siècle, Loretteville est une petite ville active. Important centre de traitement du cuir avec ses tanneries et ses fabriques de gants, elle sert aussi de lieu d’approvisionnement pour les habitants des campagnes environnantes. Située à 30 minutes de la capitale par la ligne du chemin de fer Québec et Lac Saint-Jean, elle devient en 1913 le chef-lieu du comté de Québec (Martel,1949, 54). Elle compte alors près de 2 000 habitants, dont une petite communauté anglicane en progression. 

Depuis 1914, plusieurs familles installées à la nouvelle base militaire de Valcartier, située à neuf kilomètres au nord, élisent domicile à Loretteville. À la demande de l’évêque du diocèse anglican de Québec, on met alors sur pied des services religieux de base : « […] an arrangement has been devised by means of which services are held every alternate Sunday, and the Holy Communion administered once a month » (Church Society of the Diocese of Quebec,1916). 

Mais l’établissement d’une mission ne suffit pas : la communauté anglicane de Loretteville veut son propre temple, pour lequel elle organise une campagne de financement(Archives du diocèse anglican de Québec, Dossier St. Paul’s Church, Lettre du 20 juillet 1917). Le rapport de la Church Society de 1917 mentionne qu’une somme substantielle a déjà été recueillie et que 20 enfants assistent à l’école du dimanche, installée dans la résidence de Mrs Riopel(Church Society of the Diocese of Quebec,1917). Le trésorier de la communauté, W. C. Teakle, mentionne dans une lettre adressée aux autorités anglicanes qu’on a acheté le terrain nécessaire pour la somme de 700 $. Selon lui,il ne manque que 3 000 $ pour procéder à la construction(Archives du diocèse anglican de Québec, Dossier St. Paul’s Church, Lettre de W. C. Teakle, April 25th1919). 

Le 14 novembre 1919, la pose de la pierre angulaire est précédée d’une cérémonie, puis d’une procession partant de l’école jusqu’au site de l’église. Consacrée le11 juin 1920, celle-ci prend le nom de l’ancienne église St. Paul du Cap-Blanc, dont elle hérite aussi du mobilier. Familièrement appelée « chapelle des marins » ou « Mariner’s Chapel », cette dernière avait été inaugurée en 1831, fermée au culte en 1914, puis déconsacrée en juin 1921 (Provost, 1977, 57).



Louise Côté

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