La paroisse du Très-Saint-Sacrement (1921)


D’abord agricole, le territoire de la banlieue de Québec se transforme au XIXe siècle en zone suburbaine, avec le développement de grands domaines de villégiature. Mais en raison du mauvais état des routes, peu de familles s’établissent en dehors du noyau urbain, au-delà de l’avenue De Salaberry. Civilement, la banlieue relève de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec-banlieue, puis de Ville-Montcalm, formée en 1908 et annexée à Québec cinq ans plus tard. Sur le plan religieux, elle est rattachée à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste à partir de 1886, puis à celle de Notre-Dame-du-Chemin en 1909.

Quelques mois après la création de Ville-Montcalm, une compagnie immobilière, la Montcalm Land, projette le développement d’un secteur résidentiel entre les actuelles avenue Holland et rue Eymard. On construit les premières maisons en 1910, sur l’avenue Marguerite-Bourgeoys. Les pères du Très-Saint-Sacrement viennent alors d’obtenir l’autorisation de fonder un noviciat à Québec. La congrégation de pères et de frères, fondée en France en 1856, est établie à Montréal depuis 1890 (Album, 1996, 9). Les religieux s’installent sur un terrain acquis de G. O. Stuart, près de la côte Bell (aujourd’hui avenue Saint-Sacrement). En août 1915, ils érigent une petite église de bois, puis entreprennent la construction du noviciat au printemps suivant (Ibid., 11).

Comme l’église de Notre-Dame-du-Chemin est éloignée, les habitants du secteur – une trentaine de familles en 1915 – fréquentent la chapelle des pères. Malgré l’opposition des Jésuites (Noppen, 1994, 199), desservants de Notre-Dame-du-Chemin, l’archevêché autorise la construction d’une église. Elle est mise en chantier en 1919, deux ans avant l’érection canonique de la paroisse du Très-Saint-Sacrement (Ibid., 11). On compte alors 1 800 personnes dans le développement de la Montcalm Land (Blanchet, 1988, p. 30). L’essor véritable de la paroisse se produit toutefois après la Deuxième Guerre mondiale.

Grosso modo, la nouvelle paroisse s’étend d’est en ouest entre l’avenue Calixa-Lavallée et les limites de la ville, puis du nord au sud, entre la cime du coteau et la rue Saint-Cyrille (aujourd’hui boulevard René-Lévesque).

L’église est consacrée le 26 août 1948 et l’ancienne chapelle, déménagée derrière l’église, sert de salle paroissiale jusqu’à son incendie, en 1945. À ce jour, la paroisse du Très-Saint-Sacrement conserve son intégralité physique.

Louise Côté

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